6 eme partie : Napoléon L’œuvre du consulat (1800 à 1804)

premeir consul

Après le coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), un consulat provisoire se met en place avec Bonaparte, Sieyès et Ducos. Les assemblées ont désigné chacune une commission pour les affaires judiciaires courantes et pour la préparation d’une nouvelle constitution, qui fut appliquée le 4 nivôse an VIII (26 décembre 1799).

Les idées de Sieyès imprègnent les projets. Après plusieurs années d’instabilité sous le Directoire, il s’agit avant tout de renforcer le pouvoir exécutif et de faciliter le fonctionnement du régime. De nombreuses séances ont lieu en novembre et début décembre. Bonaparte intervient pour accélérer les choses.

La Constitution de l’An VIII est rédigée par Daunou, qui a déjà rédigé la constitution de l’An III. Daunou appartient au groupe des idéologues, des républicains libéraux hostiles au jacobinisme. La nouvelle constitution renforce l’exécutif et le pouvoir de représentation est confié aux seuls notables, même si le suffrage universel n’est pas officiellement aboli.

La Constitution de l’An VIII marque une rupture avec les constitutions précédentes. On n’y trouve aucune référence aux Droits de l’homme ou à la défense des libertés. Elle est en plus beaucoup plus technique : elle définit les pouvoirs, et surtout les pouvoirs de l’homme fort du régime. La constitution apparaît comme taillée pour Bonaparte. On y trouve même le nom de Napoléon, ce qui est très étonnant car une constitution est censée être durable.

Napoléon est désigné comme Premier Consul donc de fait à la tête de l’exécutif. Il a le pouvoir de nommer aux principales fonctions publiques et il a un certain pouvoir d’initiative en matière législative. De même, le Premier Consul se retrouve doté de pouvoirs importants en diplomatie et en matière militaire. La constitution ne rompt cependant pas complètement avec la collégialité du Directoire, puisqu’il y a toujours trois consuls

I CONCORDAT de 1801

Pie 7

Le pape Pie VII

Réconcilier les Français obligeait à rétablir l’entente entre le clergé et les révolutionnaires patriotes. Il signa donc un concordat avec le pape Pie VII. L’Église retrouvait une place dominante dans la société française, mais en contrepartie le gouvernement avait lui aussi une influence sur l’Église, et Bonaparte s’occupait de nommer les évêques et rétribuer les ecclésiastiques comme ses fonctionnaires. Cependant Pie VII entra en conflit avec l’Empereur et fut interné à Fontainebleau, un nouveau concordat fût signé en 1813, que le pape désavoua la même année.

II CODE CIVIL

code civil

L’oeuvre du Code civil sera terminée en 1803. Dans chaque arrondissement (nom nouveau du district) est établi un tribunal de première instance; l’appel dit circulaire est aboli, et 27 cours supérieures, d’appel, sont installées, de préférence aux sièges des anciens parlements. La cour d’assises est formée dans chaque département des magistrats d’une cour d’appel, qui appliquent, la loi après que le jury a prononcé son verdict sur les actes et les intentions des prévenus. Le ministère public, la cour de cassation sont maintenus (loi du 27 ventôse an VIII). L’administration du département fut modelée sur celle de l’État : les directoires électifs furent supprimés, et le pouvoir administratif délégué à un préfet, fonctionnaire nominé, relevant du ministère de l’intérieur; le conseil de préfecture est comme son conseil d’État; le conseil général du département n’a que le droit de présenter des voeux et de seconder l’administration. La hiérarchie administrative est complétée par les sous-préfets, assistés d’un conseil d’arrondissement, et par les maires des communes, assistés d’un conseil municipal. Paris est soumis à un régime tout spécial, dans lequel se combinent les traditions de la monarchie et les mesures thermidoriennes (loi du 28 pluviôse an VIII).

III BANQUE DE FRANCE

banque de France

La Banque de France monopolise le crédit, mais au profit de l’État et sous son contrôle. Les droits de douane sont augmentés. Le ministre Gaudin aide le premier consul à réorganiser les impôts directs : ils sont répartis par les directeurs et inspecteurs départementaux (avec 340 contrôleurs), perçus par les percepteurs, et versés :

1° aux receveurs d’arrondissement;

2° aux receveurs généraux des départements, qui, par leurs avances et leur cautionnement, sont effectivement responsables à l’égard du Trésor.

Le Concordat et les articles organiques (loi du 18 germinal an X), la Légion d’honneur (1802), ont été l’objet d’articles spéciaux. L’instruction primaire, reste négligée. Les grandes écoles spéciales se développent. Les lycées nationaux, internats soumis à une discipline religieuse et militaire, remplacent les écoles centrales; l’éducation, comme tout le reste, tend à être absolument dominée par l’État.

IV GUERRES ETRANGERES

Marengo

BATAILLE DE MARENGO (1800)

Le 14 juin 1800, l’armée française, sous les ordre du Premier Consul, forte de 50.000 hommes, livra bataille à l’armée autrichienne composée de 55.000 combattants commandée par Mélas, et campée au village de Marengo. Quatre fois les troupes françaises furent repoussées et mises en retraite et quatre fois elles furent ramenées au combat après un carnage horrible, quand tout à coup Desaix fit son apparation au moment même où la bataille était pour ainsi dire perdue. Desaix dit à Bonaparte : “Oui, la bataille est perdue, mais il n’est que trois heures, il reste encore le temps d’en gagner une”, et se jeta dans la mélée avec 6.000 hommes de renfort ; et Marengo devint une de nos plus belles victoires, mais au prix de quelles pertes. Desaix, le héros de la journée, tomba mort, et plus de 6.000 français, tués ou blessés, jonchèrent le champ de bataille. Les autrichiens, de leur côté, perdirent 8.000 hommes tués ou blessés et 4.000 prisonniers. Les principaux auxiliaires de Bonaparte et de Desaix, furent ici, Murat et Lannes.

À l’extérieur, Moreau, qui avait gardé le Luxembourg pendant les journées de brumaire, reçut le commandement des armées réunies du Rhin et d’Helvétie; le vainqueur de Zurich, Masséna, fut relégué à l’armée d’Italie, décimée, dénuée de tout, réduite au littoral de Gênes. Napoléon Bonaparte avait besoin de la paix. Il est probable qu’il comptait peu sur les missives personnelles, rendues publiques, qu’au lendemain du Consulat définitif il avait adressées au roi d’Angleterre et à l’empereur d’Allemagne. L’Angleterre bloquait l’Égypte, l’Autriche tenait l’Italie; l’une et l’autre puissance avaient intérêt à continuer la guerre.

Masséna, attaqué par les 120 000 hommes du baron de Mélas, vit son armée coupée en deux : la moitié, avec Suchet, fut rejetée sur le Var; lui-même, avec les 16000 hommes qui lui restaient, s’enferma dans Gênes : il y tint pendant près de deux mois, jusqu’au 4 juin 1800. Pendant que Moreau passait le Rhin à Schaffouse, battait Kray à Stokach, Engen et Moeskirch, et les rejetait dans UIm (3 au 5 mai), Napoléon Bonaparte, au lieu de recommencer sa campagne de 1796, franchissait les Alpes au grand Saint-Bernard, et, par la victoire de Marengo, obligeait Mélas à capituler dans Alexandrie (14 juin) et à se retirer derrière le Mincio. Cependant il fallut une campagne d’hiver pour obtenir la paix : Brune força l’Adige, tandis que Macdonald descendait par le Splügen. La Toscane fut occupée. Murat chassa les Napolitains de l’État pontifical. Enfin Moreau délogea les Autrichiens de leur camp d’Ulm, par le combat d’Hochstiedt, entra dans Munich, et remporta sur l’archiduc (3 décembre) la grande victoire de Hohenlinden. La route de Vienne était ouverte: il passa l’lnn, la Salza, prit Linz et Steier.

paix luneville

TRAITE DE PAIX DE LUNEVILLE (1801)

Cette marche savante et rapide décida l’Autriche à faire des propositions de paix. La jonction de Brune et de Moreau n’était plus, en effet, qu’une question de jours. Brune signa de son côté l’armistice de Trévise (16 janvier 1801). Enfin, par la paix de Lunéville (9 février), la République cisalpine fut rétablie jusqu’à l’Adige et accrue de Modène et de Parme. Le duc de Parme devint roi d’Etrurie (Toscane), moyennant la rétrocession de la Louisiane à la France par son parent Charles IV, roi d’Espagne. L’empereur d’Allemagne indemnisa le grand-duc de Toscane avec le territoire de Salzbourg, le duc de Modène avec le Brisgau. Le recès de Francfort indemnisa aussi la Prusse, qui était en paix avec la France depuis cinq ans, de ses pertes sur la rive gauche du Rhin, de nouveau reconnue comme limite de la République française. La Bavière, l’Autriche elle-même, furent également indemnisées, surtout aux dépens des territoires ecclésiastiques de l’Empire; sur les dix électeurs, il n’en reste plus qu’un ecclésiastique, l’exarchevêque de Mayence, Dalberg, qui reçut l’évêché-électorat de Regensburg (Ratisbonne).

Victorieux en Allemagne et en Italie, les Français subissent dans les Antilles et en Égypte de lamentables échecs. Napoléon Bonaparte, aussitôt devenu premier consul, avait rétabli l’esclavage des Noirs, aboli par la Convention. L’île de Saint-Domingue (Haïti), alors devenue presque indépendante sous la direction de Toussaint-Louverture, qui en avait chassé les Anglais, ne put être réduite par le général Leclerc, beau-frère de Bonaparte. La fièvre jaune emporta ce général et décima son armée. Un autre Haïtien, Dessalines, se fit reconnaître des Haïtiens sous le nom de Jacques Ier, empereur. Quant à l’Égypte, Kléber y fut assassiné (14 juin 1800); son successeur Menou capitula et fut rapatrié en France avec les débris de son armée (1801). A l’exemple des Français, les Anglais s’étaient saisis de Malte. Leurs progrès en Orient portèrent ombrage au tsar Paul Ier, qui se proclama l’admirateur du premier consul, et renouvela contre les «-tyrans des mers » la ligue de neutralité armée (Catherine II), où entrèrent le Danemark et la Suède; en Angleterre, Pitt quitta le ministère momentanément. Mais Copenhague fut bombardée par la flotte anglaise (avril 1801); Paul Ier périt victime d’un complot domestique et Alexandre Ier revint au parti anglais, qui était celui de l’aristocratie russe. L’Angleterre n’en était pas moins épuisée par d’aussi grands efforts, et par les subsides dont elle avait pourvu les ennemis de la France sur le continent, les émigrés, les Vendéens. Pour se donner le temps et les moyens de renouer contre les Français des alliances en Europe, elle consentit à signer, le 25 mai 1802, la paix d’Amiens.

V CONSULAT DEFINITIF

légion honneur

En mai 1802 fut créée la l’ordre de la légion d’honneur, décoration aussi bien civile que militaire, récompensant les Français les plus méritants.

Dès la fin de l’année 1800, Napoléon Bonaparte avait eu à se préoccuper des complots dirigés contre sa personne. Le premier celui du Corse Joseph Arena et de Ceracchi, fut déjoué par la police de Fouché (10 octobre); le second est celui de la machine infernale, qui, sans l’atteindre, fit de nombreuses victimes et fut suivi d’injustes représailles contre les « terroristes » qui n’y avaient aucunement trempé. Après la paix d’Amiens, les politiques crurent apaiser l’ambition du premier consul en prorogeant de dix ans ses pouvoirs; mais il exigea le consulat à vie, avec le droit de se choisir un successeur. Le sénatus-consulte fut rédigé en ce sens, et ratifié par un plébiscite (14 thermidor an X, 2 août 1802); deux jours après, un autre sénatus-consulte modifiait dans un sens de plus en plus monarchique la constitution de l’an VIII.

Napoléon Bonaparte ayant en pleine paix donné un doge à la république ligurienne, annexé le Piémont (7 départements), occupé Parme et l’île d’Elbe, et s’étant fait proclamer président de la République cisalpine (janvier 1803), et médiateur de la République helvétique (9 février), l’Angleterre refusa de reconnaître dans toutes ces nouveautés des conséquences naturelles de la paix de Lunéville, garda Malte qui, en vertu de la paix d’Amiens, devait être restituée aux chevaliers (Les Hospitaliers), et répondit aux réclamations du gouvernement français en capturant sur toutes les mers, sans déclaration préalable d’hostilités, 1200 navires français ou bataves. Bonaparte, quelque temps avant cette rupture, écrivait à son ministre à Londres :

« L’Angleterre nous obligera de conquérir l’Europe. Le premier consul n’a que trente-trois ans; il n’a encore détruit que des États de second ordre, Qui sait ce qu’il faudra de temps pour ressusciter l’empire d’Occident? »

Mais il songea d’abord à prendre son adversaire corps à corps. Tout en hâtant les préparatifs maritimes, il fit arrêter les Anglais voyageant en France, exclure les marchandises anglaises des ports français et napolitains, occuper le Hanovre, patrimoine du roi d’Angleterre. La presse anglaise se déchaîna en injures grossières, en accusations infamantes contre Napoléon Bonaparte. Il reçut le pamphlet qui avait autrefois servi d’avertissement à Cromwell : Tuer n’est pas assassiner. Le ministre Addington subventionnait les expéditions légitimistes dont la but, plus ou moins avoué, était l’assassinat. C’est un vaisseau anglais qui facilita la rentrée en France de Cadoudal, de Polignac, de Rivière, de Caraman, qui comptaient sur le général Pichegru et même sur Moreau pour le succès de leur conspiration. Les conjurés furent arrêtés. Un rapport de police faisait allusion à un personnage inconnu qu’ils entouraient du plus profond respect. Bonaparte pensa d’abord au duc de Berry, puis au duc d’Enghien. Celui-ci habitait à Ettenheim (Bade), attendant peut-être, mais la chose ne fut nullement démontrée, l’issue du complot. Bonaparte, par une odieuse violation du droit des gens, le fit enlever par le général Ordener, conduire à Vincennes, livrer à une commission militaire, et, sans consentir à l’entendre, fusiller dans les fossés de la place (20 mars 1804). Pichegru fut trouvé étranglé dans sa prison. Cadoudal fut exécuté. Moreau, dont le principal crime était d’être mécontent de la haute fortune de Bonaparte et qui avait eu l’imprudence de causer avec Pichegru, fut banni de France. Polignac, Rivière, Caraman, condamnés à mort, furent graciés.

L’opinion fut indignée, épouvantée, mais si un certain vide se fit autour du premier consul, peu d’hommes, comme Chateaubriand, osèrent exprimer ce qu’ils pensaient. A la Malmaison où il s’était d’abord enfermé, Napoléon Bonaparte affecta l’impassibilité devant la gêne des assistants. Il expliqua au conseil d’État qu’il « voulait punir les individus, non proscrire en masse ». Il lui arriva parfois de regretter d’avoir mal compris la déposition de police, qui désignait en réalité Pichegru, de parler de « gens qui l’avaient mal compris ou mal servi ». Au fond, il considérait les Bourbons comme ses pires ennemis, auxquels il fallait « renvoyer la terreur jusque dans Londres même »; et il a fini par conclure, dans le Mémorial :

« En une circonstance semblable, j’agirais encore de même. »

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Première distribution des croix de la légion d’honneur, le 14 juillet 1804

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5 eme partie : (1799-1800) Napoléon Premier consul

consul

Le coup d’Etat du 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799)

Bonaparte, parti d’Egypte à la fin du mois d’août 1799, débarqua finalement à Fréjus le 9 octobre 1799.

Mai 1799 avaient entraîné l’élection de nombreux députés jacobins, qui étaient désormais en majorité au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents.

A cette époque, les jacobins avaient ouvert un nouveau club, baptisé Réunion des amis de la liberté et de l’égalité, s’installant dans la salle du Manège (l’endroit avait accueillie l’Assemblée constituante, l’Assemblée législative et la Convention).

Les jacobins y tenaient alors des discours enflammés, invoquant la mémoire de Robespierre et Gracchus Babeuf.

Début juin 1799, les cinq directeurs étaient Paul Barras, Emmanuel Joseph Sieyès, Louis Marie de La Révellière-Lépeaux, Philippe Antoine Merlin de Douai, et Jean Baptiste Treilhard.

Les assemblées parvinrent alors à obtenir le renvoi de Treilhard, au prétexte que son élection avait été irrégulière, le remplaçant par Louis Gohier (16 juin 1799.).

Puis, le 18 juin (30 prairial an VII.), les députés exigèrent la démission de La Révellière-Lépeaux et de Merlin de Douai. Les deux hommes tentèrent un temps de résister, mais décidèrent finalement de céder. Ils furent alors respectivement remplacés par Pierre Roger Ducos et Jean François Moulin.

Par la suite, les ministères furent épurés à leur tour, et de nombreux jacobins reçurent des portefeuilles importants.

Le 28 juin 1799 (18 messidor an VI.), les assemblées exigèrent l’application drastique de la loi Jourdan, instaurant la conscription pour tous les jeunes français âgés de 20 à 25 ans (la durée du service militaire était alors de 5 ans.). Par la suite, le 12 juillet 1799 (24 messidor an VII.), les députés votèrent la loi des otages, en vertu de laquelle tout parent d’émigré sera tenu responsable de l’assassinat de républicains.

Face à tous les revers subis par la république, les jacobins se firent plus virulents, désirant rétablir le comité de salut public et établir des mesures révolutionnaires.

Sieyès, souhaitant se débarrasser aussi bien des royalistes que des républicains, décida alors de faire appel à l’armée afin de renforcer le pouvoir exécutif. A la mi-octobre, Sieyès rencontra Moreau, qui lui conseilla alors de s’adresser à Bonaparte.

Ce dernier rencontra Barras le 20 octobre (28 vendémiaire an VII.), puis Sieyès et Ducos le 23 (1er brumaire an VII.). Le même jour, Lucien Bonaparte, frère cadet de Napoléon, fut élu président du Conseil des Cinq-Cents.

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Au petit matin du 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII.), de nombreux officiers furent invités à se rendre au domicile de Napoléon Bonaparte. Ce dernier leur expliqua alors que la France était dans une situation catastrophique, menacée sur ses frontières par l’armée de la seconde coalition.

Au même moment, le Conseil des Anciens se réunissait (à noter que seuls les députés proches des conjurés étaient présents.). Les députés décidèrent alors donner le commandement de la Garde nationale à Bonaparte, et de transférer les assemblées à Saint Cloud afin de contrer une menace anarchiste (l’objectif des conjurés était de priver les députés du soutien des Parisiens.).

L’armée occupant les Tuileries (lieu de réunion du Conseil des Anciens.), l’Ecole militaire et le Palais Royal (lieu de réunion des Cinq-Cents.), les directeurs Barras, Moulin et Gohier se rendirent compte qu’ils avaient été joués par leurs confrères.

Bonaparte, arrivé aux Tuileries, s’adressa alors au Conseil des Anciens, fustigeant leur incompétence. En effet, le général n’appréciait guère les multiples revers que les Français avaient subis en Italie, à peine une année après la signature du traité de Campo Formio.

lucien

Lucien Bonaparte, quant à lui, lut alors à ses confrères le décret ordonnant le transfert des deux assemblées à Saint Cloud.

A midi, Sieyès, Ducos et Barras démissionnèrent de leurs postes.

Le 10 novembre au matin, les députés se rendirent à Saint Cloud. Le Conseil des Anciens fut installé dans le château, mais faute de place le Conseil des Cinq-Cents fut contraint de s’établir dans l’Orangerie (il s’agissait d’un bâtiment perpendiculaire au château.).

Vers midi, Bonaparte arriva à Saint Cloud. Si le Conseil des Anciens était plus favorable au coup d’Etat, au Conseil des Cinq-Cents l’ambiance était électrique. Les députés jacobins, hostiles à la dictature, exigèrent que les assemblées jurent fidélité à la constitution de l’an III.

Vers quatre heure de l’après midi, Bonaparte pénétra au Conseil des Anciens, tenant un discours peu éloquent. Il mit en garde les députés contre la menace du complot anarchiste, mais les élus, suspicieux, exigèrent du général qu’il leur donne les noms des coupables. Comme la prétendue conspiration n’existait pas, Bonaparte devint violent, promettant la mort aux députés souhaitant le mettre hors la loi. Les anciens, favorables ou non au coup d’Etat, n’apprécièrent guère ce discours…

Peu de temps après, le général se rendit à l’Orangerie, où la situation était pire encore. Les députés jacobins, farouchement hostiles à Bonaparte, l’empêchèrent alors de parler. Ainsi, une bagarre ne tarda guère à éclater, et le général fut alors entraîné vers la sortie par ses grenadiers.

A peine fut il sorti que les Cinq-Cents le déclarèrent hors la loi. En apprenant la nouvelle, Bonaparte ordonna à Murat de faire évacuer le Conseil des Cinq-Cents. Ce dernier, à la tête de ses hommes, aurait alors dit : foutez-moi tout ce monde dehors !

fouché

A noter toutefois que Bonaparte s’appuya sur Joseph Fouché, ministre de la Police depuis le 20 juillet 1799, afin que les députés ne puissent regagner Paris immédiatement.

Toutefois, si les députés avaient été chassés, le coup d’Etat n’était toujours pas achevé. En effet, le Conseil des Anciens était toujours en place.

Bonaparte et Sieyès tentèrent alors de rechercher des députés du Conseil des Cinq-Cents favorables au coup d’Etat. Dans la soirée, ces derniers trouvèrent une cinquantaine d’hommes, qui, d’un commun accord avec le Conseil des Anciens, abolirent le Directoire.

Une commission consulaire, composée de Bonaparte, Sieyès et Ducos, recevrait le pouvoir directorial ; et une commission serait chargée de réviser la constitution

Les trois consuls prêtèrent alors serment face au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents, jurant de défendre la nation, la liberté, l’égalité et la république. Bonaparte déclara alors : citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée, elle est finie.

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4 eme partie (1798-1799) Napoléon La campagne d’Egypte

Egypte

A l’issue du traité de Campo Formio, signé avec l’Autriche en octobre 1797, l’Angleterre restait le seul pays en guerre avec la France. A partir de septembre 1798, les Anglais décidèrent de se rapprocher de l’Autriche, de la Russie, de la Turquie, de la Suède et de quelques principautés allemandes. C’est ainsi que se forma la seconde coalition.

Bonaparte soumit aux directeurs son projet d’invasion de l’Egypte. Le Directoire, soucieux aussi bien de couper les communications entre l’Angleterre et l’Inde que d’éloigner Bonaparte de Paris, décida de valider le projet du jeune général. Le pays, devenu une province de l’Empire ottoman au cours du XVI° siècle, avait néanmoins conservé une certaine autonomie, sous la domination des Mamelouks Outre pénaliser les Anglais, l’objectif était de faire des recherches scientifiques en Egypte, ce pays étant considéré à l’époque comme le berceau de la civilisation occidentale

Bonaparte, à la tête d’une armée de 40 000 hommes, quitta Toulon le 19 mai 1798 (30 floréal an VI.). Il était alors accompagné des généraux Dumas et Kléber, qui avaient participé à la guerre de Vendée ; du général Jean Lannes, vétéran de la campagne d’Italie ; de Joachim Murat, Louis Bonaparte et Eugène de Beauharnais

Après vingt jours de traversée, les Français débarquèrent à Malte le 10 juin (22 prairial an VI.), alors entre les mains des chevaliers de Malte. Bonaparte, mal accueilli par Ferdinand de Hompesch, grand maître de l’ordre, décida alors de s’emparer de La Valette, capitale de l’île. Les Français s’emparèrent rapidement de Malte, d’où les chevaliers furent chassés. En partant pour l’Egypte, Bonaparte laissa une garnison de 3 000 hommes dans l’île

Approchant des côtes égyptiennes, Bonaparte décida d’haranguer ses troupes : Soldats ! Vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables. Vous porterez à l’Angleterre le coup le plus sûr et le plus sensible, en attendant que vous puissiez lui donner le coup de mort. Les beys mameluks, qui favorisent exclusivement le commerce anglais, qui ont couvert d’avanies nos négociants et tyrannisent les malheureux habitants du Nil, quelques jours après notre arrivée n’existeront plus. Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans ; leur premier article de foi est celui-ci :

«Il n’y a pas d’autre de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.»

Ne les contredisez pas ; agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs, avec les Italiens ; ayez des égards pour leurs muftis et leurs imams, comme vous en avez eu pour les rabbins et les évêques. Les légions romaines protégeaient toutes les religions. Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l’Europe: il faut vous y habituer.

La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons à chaque pas des souvenirs dignes d’exciter l’émulation des Français.

Débarquant à Alexandrie le 1er juillet 1798 (13 messidor an VI.), Bonaparte décida alors de lancer une attaque contre les défenseurs de la cité. Toutefois, voyant l’ennemi approcher, les Egyptiens décidèrent de s’enfuir.

pyramides

BATAILLE DES PYRAMIDES (1798)

Le 21 juillet 1798, Le général en chef de l’armée d’Orient, secondé par les généraux Desaix, Regnier, Bon, Menou, et Dugua, remporta une éclatante victoire sur les troupes commandées par Mourad Bey. Cette victoire ouvrit la route du Caire à Bonaparte qui y pénètra le 24 juillet 1798. Les Français eurent à peine 30 à 40 hommes tués alors que les Mamelouks essuyèrent des pertes considérables.

Tandis que Kléber, à la tête de 3 000 hommes, était chargé de défendre Alexandrie, Bonaparte décida de marcher vers Le Caire, capitale de l’Egypte (7 juillet 1798.). La flotte française s’installa alors dans la baie d’Aboukir, soucieuse d’échapper aux navires anglais qui se trouvaient non loin de là.

Le 21 juillet (3 thermidor an VI.), les Français approchèrent du Caire. Ils furent attaqués par les Mamelouks, mais parvinrent à riposter efficacement. Mourad Bey[21], dirigeant de l’Egypte, décida alors de livrer bataille contre l’ennemi

Bonaparte, à la tête d’une armée numériquement inférieure (20 000 Français contre 40 000 Egyptiens.), aurait alors dit à ses troupes : soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent !

Les Français prirent l’initiative, repoussant l’ennemi vers sa base arrière. Mais la cavalerie mamelouke décida de toutefois de contre-attaquer, et Bonaparte fit alors former le carré

A l’issue de la bataille, le général Louis Charles Antoine Desaix fut chargé de poursuivre les fuyards, pendant que Bonaparte marchait vers le Caire (Mourad Bey décida alors de s’enfuir au sud de l’Egypte, alors que son confrère Ibrahim Bey marchait vers la Syrie.).

La bataille de Pyramides était une victoire éclatante pour les Français, ces derniers ayant eu 40 tués et 300 blessés ; contre près de 20 000 tués et blessés côté mamelouk.

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BATAILLE NAVALE D’ABOUKIR (1798)

Le 14 thermidor an VI (1er août 1798), la flotte française commandée par l’amiral Brueys et composée de treize vaisseaux, fut subitement attaquée en rade d’Aboukir par la flotte anglaise de l’amiral Nelson, et composée de 14 vaisseaux. Les Français se battirent avec acharnement et avec un courage au-dessus de tout éloge, mais l’infériorité du nombre et une fausse manoeuvre de l’amiral Brueys donnèrent aux Anglais l’avantage. Les pertes des deux côtés furent immenses. Du côté des Français le vaisseau l’Orient de 120 canons sauta, le Timoléon de 74 canons brûla, la frégate l’Arthémise fut coulée bas, neuf autres bateaux furent pris, l’amiral Brueys fut tué, ainsi que le capitaine de vaisseau Casabianca, ancien conventionnel. Le perte des Anglais d’après leur propre aveu, fut de 1.000 hommes tués et 1.800 blessés, dont l’amiral Nelson ; plusieurs de leurs vaisseaux furent mis dans l’état le plus pitoyable. Aboukir est un bourg de la basse Egypte à 17 kms N.O. d’Alexandrie, sur la Méditéranée ; il est situé à l’extrémité d’une presqu’île formée par le lac Madieh et la mer, près d’un fort construit sur un rocher qui en est la pointe extrême.

Bonaparte, rentrant dans Le Caire le 24 juillet 1798 (6 thermidor an VI.), décida alors de mettre en place d’importants travaux scientifiques, créant l’Institut français du Caire. Les savants établirent ainsi un tableau comparatif des poids et mesures françaises et égyptiennes, mirent en place un dictionnaire franco-égyptien, ainsi qu’un calendrier copte, égyptien et européen. Par ailleurs, deux journaux furent diffusés : le premier, Décade égyptienne, traitait de littérature et d’économie ; l’autre, Courrier égyptien, parlait de politique.

Imitant les Romains qui toléraient les nombreuses religions de l’Empire, Bonaparte décida alors de se présenter comme un défenseur de l’islam, fêtant l’anniversaire de la naissance de Mahomet et mettant en place un dispositif de protection envers les pèlerins qui partaient visiter La Mecque.

Par ailleurs, Bonaparte décida de moderniser le Caire et les villes des environs en les dotant d’institutions municipales, à l’instar de ce qui se faisait en France.

Toutefois, la flotte française située à Aboukir fut presque totalement détruite par la marine anglaise, commandée par l’amiral Horatio Nelson (2 août 1798.). Ainsi, à l’issue de la bataille navale d’Aboukir, les Français avaient perdu plus de 5 000 hommes (1 700 tués, 600 blessés et 3 000 prisonniers.). Quatre navires parvinrent à échapper au désastre, prenant la route de Malte, le reste de la flotte ayant été détruite ou prise par les Anglais. Ce désastre priva Bonaparte de tout ravitaillement venu de France. Ce dernier décida alors de recruter de nouvelles armées sur place, ordonnant une levée parmi les jeunes esclaves.

révolte caire

REVOLTE DU CAIRE (1798)

Cette ville fut prise par les Français le 5 thermidor an VI, et Bonaparte y établit le siège du gouvernement républicain pendant la campagne d’Egypte, mais dans la journée du 30 vendemiaire, les Turcs, sous le prétexte qu’ils étaient par trop imposés, se soulevèrent, et au nombre de 80.000 environ, se retranchèrent dans la grande mosquée. Ils y furent littéralement écrasés et vaincus après avoir perdu 5 à 6.000 des leurs. Les Français eurent à déplorer une centaine de morts, dont le brave général Dupuy. Les Grecs qui habitaient cette ville montrèrent leur dévouement en faisant cause commune avec les Français pour la répresion de cette insurrection. Le Caire était alors la capitale de l’Egypte.

Toutefois, malgré les tentatives de Bonaparte de se concilier les bonnes grâces des Egyptiens, ces derniers décidèrent de se révolter à la fin octobre, les Français ayant décidé de mettre en place un impôt foncier.

Ayant perdu près de 800 hommes (tués ou blessés.), Bonaparte décida de réprimer fermement la révolte du Caire. Les insurgés, attaqués par les Français, perdirent ainsi près de 6 000 hommes (tués ou blessés.).

En fin d’année 1798, la France se trouvait dans une position difficile, la défaite d’Aboukir ayant échauffé les esprits des puissances européennes. La Prusse et l’Autriche se faisaient à nouveau menaçantes ; les flamands de Belgique, las des persécutions religieuses, se soulevèrent (octobre 1798.) ; les Piémontais devenaient remuants (septembre 1798.) ; le roi de Naples décida de chasser les Français de Rome, avant d’en être chassé à son tour (novembre à décembre 1798.) ; le sultan ottoman Selim III signa un traité d’alliance avec l’Angleterre et la Russie contre la France (5 décembre 1798.).

Bonaparte, après avoir maté la révolte cairote, décida alors de marcher vers le port de Suez, afin de vérifier si la légende disant que les pharaons avaient creusé un canal entre la mer Rouge et la méditerranée était vraie.

Bonaparte apprit alors que le Mamelouk Djezzar, pacha de Syrie, s’était emparé du Fort El Arish en janvier 1799, situé sur la frontière égyptienne. C’est ainsi que débuta l’expédition de Syrie.

Le 19 février (1er ventôse an VII.), le Fort tomba rapidement entre les mains des Français. Une partie des Turcs vaincus décidèrent alors de rejoindre les rangs de l’armée française.

Djezzar Pacha, suite à cette défaite, décida de se réfugier à Jaffa. Bonaparte décida alors de poursuivre l’ennemi, prenant Gaza le 24 février 1799 (6 ventôse an VII.). Les Français commencèrent le siège de Jaffa le 4 mars.

Les défenseurs de la cité combattirent fermement les Français, jusqu’à ce que ces derniers découvrent un souterrain débouchant en plein cœur de Jaffa. Grâce à cet avantage, les troupes de Bonaparte parvinrent à contre attaquer efficacement, prenant finalement la cité (6 mars 1799.).

Eugène de Beauharnais se trouva alors face à 3 000 Turcs, qui acceptèrent de se rendre si les Français acceptaient de leur laisser la vie sauve. Eugène accepta, ce que Bonaparte n’apprécia guère. Ainsi, les 3 000 Turcs furent exécutés, malgré la promesse qui leur avait été faite. En effet, il était impossible de nourrir les prisonniers ou de les faire surveiller constamment (il était en outre impossible de les relâcher, sans quoi ils auraient vraisemblablement rejoint l’ennemi.).

Suite à la chute de Jaffa, Djezzar Pacha s’était retiré à Saint Jean d’Acre. Bonaparte décida alors de marcher vers son adversaire. Progressant en Syrie, les Français s’emparèrent de Nazareth, Jaffet et Tyr, assiégeant Saint Jean d’Acre le 14 mars 1799 (24 ventôse an VII.).

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BATAILLE DU MONT-THABOR (1799)

Le 16 avril 1799, le général en chef de l’armée d’Orient Bonaparte affronta Abadallah Pacha venu secourir les assiégés de Saint-Jean-d’Acre. Les Turcs subirent ce jour là une défaite totale malgré une très nette supériorité numérique. Les 5.000 Français sortirent encore une fois vainqueurs de 25.000 Turcs qu’ils mirent en déroute. Les pertes turques furent considérables avec environ 6.000 tués sur ce champ de bataille où s’illustrèrent en particulier les généraux Kléber, Bon et Vial

Toutefois, Bonaparte n’était plus qu’à la tête d’une dizaine de milliers d’hommes, et le ravitaillement qui devait arriver par mer avait été intercepté par la marine anglaise.

Les assiégés, bien qu’étant à chaque fois repoussés, multiplièrent les sorties afin de gêner les travaux de siège des Français.

A la mi-avril 1799, Bonaparte apprit alors qu’une armée venue de Syrie approchait de Saint Jean d’Acre. Il décida alors d’envoyer le général Kléber en éclaireur, à la tête d’une petite troupe. Ce dernier, rencontrant cette armée turque bien supérieure numériquement (25 000 Turcs contre 3 000 Français.), décida alors de former le carré.

L’arrivée inopinée de Bonaparte sur les arrières de l’armée turque permit de remporter la bataille du Mont Thabor, et de sauver les hommes de Kléber d’un désastre.

Quelques jours plus tard, les Français reçurent par mer des pièces et des munitions de siège, mais les navires turcs débarquèrent plus de 10 000 hommes dans Saint Jean d’Acre.

Bonaparte décida alors de jouer son va-tout, lançant ses hommes dans un assaut décisif contre les murs de la cité (l’objectif était de pénétrer dans Saint Jean d’Acre avant que les Turcs n’aient eu le temps de débarquer.). Toutefois, les Français furent repoussés, et Bonaparte sonna la retraite à la nuit tombée.

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BATAILLE D’ABOUKIR (1799)

Le 7 thermidor an VVI (25 juillet 1799), un an à peine après le désastre de la flotte française, Bonaparte, à la tête de 5.000 Français, battit complètement 20.000 Turcs qui y étaient débarqués le 23 messidor. La déroute de ces derniers fut complète, la victoire des Français décisive. Mustapha Pacha, commandant en chef de l’armée turque, fut fait prisonnier avec 2.000 de ses soldats, 2.000 autres restèrent sur le champ de bataille. Toutes les tentes et bagages, 20 pièces de canons restèrent au pouvoir des Français, 10.000 turcs furent noyés. La perte des Français monta à 150 hommes tués et 750 blessés, dont le général Murat. En l’an IX, Aboukir, qui n’était plus défendu que par 1.200 Français, commandés pa le général Friant, fut repris par les Anglais, au nombre de 12.000 hommes, commandé par le général Abercromby. La supériorité numérique de ces derniers eut raison d’une poignée de braves.

Au cours du siège, la peste se déclara à Saint Jean d’Acre, touchant bientôt le camp français. Bonaparte fut alors contraint de se retirer, se repliant vers Jaffa le 20 mai 1799. Les pestiférés furent alors envoyés à Damiette, à Gaza, et au Fort El Arish. Bonaparte, quant à lui, se retira au Caire à la mi-juin, masquant sa défaite sous une intensive propagande.

Le sultan ottoman Selim III, quant à lui, lança une offensive contre Alexandrie à la mi-juillet 1799, menée par son cousin Moustafa, pacha de Roumélie.

Les Turcs, repoussés par les défenseurs d’Alexandrie, parvinrent toutefois à prendre le fort d’Aboukir (Mourad Bey, autrefois pacha d’Egypte, parvint alors à rejoindre l’armée turque.).

Bonaparte, une fois de plus, décida de prendre l’offensive, bien qu’étant à la tête d’une armée en infériorité numérique (10 000 Français contre 18 000 Turcs.). Un premier assaut lancé par l’armée française fut vivement repoussé par les assiégés. Toutefois, alors que les hommes du pacha sortaient afin de couper les têtes des défunts, les Français décidèrent de lancer un nouvel assaut, qui fut une réussite. Les Turcs, constatant que toute retraite était coupée, décidèrent alors de se jeter dans la mer, où beaucoup périrent noyés (21 juillet 1799.).

3 000 Turcs, restés dans le fort, furent finalement contraints de se rendre quelques jours après.

Au final, La bataille d’Aboukir donna un répit non négligeable aux Français, assurant pour quelques mois encore leur domination sur l’Egypte.

A la fin du mois d’août 1799, grâce aux journaux anglais qu’il avait à sa disposition, Bonaparte apprit que le Directoire se trouvait dans une position difficile. En effet, les coalisés multipliaient les victoires face aux Français, particulièrement en Italie. Bonaparte, accompagné des généraux Lannes, Murat, Louis Alexandre Berthier et Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, décida alors de rentrer en France. Le commandement de l’armée d’Egypte échut alors au général Kléber.

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Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa

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3 eme Partie (1796-1797) :Napoléon Campagne d’ Italie

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Napoleon general en chef de l’armée d’Italie

Le poste de général en chef de l’armée d’Italie avait été confié à Napoléon Bonaparte en février 1796. Sur ce théâtre, il allait développer les grandes conceptions qu’il avait seulement laissé entrevoir jusqu’alors, et atteindre, en moins d’un an, les plus hautes renommées militaires anciennes et modernes. Ainsi, tandis que les autres généraux français, à deux reprises échouaient dans leurs tentatives sur l’Irlande; et pendant que, dans la vallée du Mayn, Jourdan se faisait battre à Wurzbourg par l’archiduc Charles, et que Moreau, dans la vallée du Danube et la Forêt-Noire, était contraint à la retraite, l’armée d’Italie marcha de victoires en victoires.

Accueilli avec quelque réserve par ses anciens (Augereau, Masséna, Laharpe, Sérurier), avec confiance par le ponctuel Berthier, chef d’état-major, avec enthousiasme par les jeunes chefs (Lannes, Murat, Marmont, Duroc) et surtout par les soldats, dont le bien-être était sa constante préoccupation; adroit avec ses surveillants politiques (Saliceti, Gareau), qu’il savait susceptibles de corruption; tour à tour impitoyable et coulant avec les fournisseurs (Collot, Flachat, Cerfbeer) et subordonnant leurs gains à leur exactitude, Napoléon Bonaparte ne tarda pas à dominer et à entraîner tout le monde par la force de son talent. Il avait 34000 hommes et 30 canons; ses adversaires disposaient de 70000 hommes et de 200 canons : Beaulieu, à la tête des Autrichiens, avait échelonné ses 45000 soldats de Doge à Gênes, afin de couvrir Alexandrie; plus à l’Ouest, au camp de Ceva. Colli défendait la route de Turin avec 25000 Piémontais; la jonction des deux armées n’était assurée que par un faible rideau (Provera à Millesimo, d’Argenteau entre cette localité et Dego).

Napoléon Bonaparte, qui avait conclu de longue date qu’il fallait tourner les Alpes par les cols les plus bas, eut d’abord à séparer les deux généraux ennemis afin de les battre l’un après l’autre. Il fit surveiller Colli par Sérurier, et envoya une partie de la division de Laharpe du coté de Gênes : Beaulieu, trompé par cette démonstration, se porta sur Voltri en ordonnant à Argenteau de prendre les Français en flanc, par Montenotte, Aussitôt que celui-ci eut dessiné son mouvement par l’attaque des redoutes de Monte-Legino, Bonaparte lance sur lui trois divisions, qu’il tenait sous sa main à Savone et aux environs, prêtes à franchir les cols. Argenteau recule sur Montenotte, où il se heurte à Augereau (12 avril); il se rejette sur Dego, d’où Masséna et Laharpe le délogent le lendemain, pendant qu’Augereau, se rabattant à sa gauche sur Provera, le battait à Millesimo et le faisait prisonnier. Le 14, l’armée autrichienne essaya vainement de reprendre Dego : elle se retira vers Acqui (route d’Alexandrie), sans que Laharpe perdît le contact.

Le Directoire, qui considérait l’expédition d’Italie comme une simple diversion, et aussi comme une affaire, comme une « razzia » destinée à soutenir le délabrement du Trésor, avait donné comme objectif principal au général en chef les provinces les plus riches, le Milanais, etc., et non le Piémont. Il ne l’avait pas autorisé à négocier. Napoléon Bonaparte n’hésita cependant pas à négliger momentanément Beaulieu pour Colli, dont l’armée était la plus faible. Il porta presque toutes ses forces sur la route de Turin, battit les Piémontais à Mondovi (23 avril), et traita d’une suspension d’armes à Cherasco (28 avril). Le Directoire, auquel il envoyait de l’argent, ratifia les préliminaires qu’il avait signés, et le traité de Turin assura à la France la possession de Nice et de la Savoie, en même temps qu’il accordait, pendant la durée de la guerre, une base d’opération à l’armée d’Italie pour continuer ses opérations en territoire autrichien. Napoléon adressa aux Italiens un appel à l’indépendance, leur promettant que leurs propriétés, leur religion, leurs usages seraient respectés.

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BATAILLE DU PONT DE LODI (1796)

Le 10 mai 1796, Bonaparte, à la tête de l’armée française, traversa le pont de Lodi et remporta une victoire décisive sur l’armée autrichienne en lui enlevant vingt pièces de canon, en lui tuant ou blessant 1.200 hommes et en lui faisant 1.000 prisonniers. les principaux auxiliaires de Bonaparte, dans cette glorieuse journée, furent les généraux Augereau, Masséna, Rusca, Cervoni et Dallemagne. Lodi est une ville du royaume lombard-vénitien, baignée par la rivière l’Adda.

Le 9 mai, trompant Beaulieu sur sa marche, Napoléon Bonaparte était à Plaisance, où le duc de Parme achetait chèrement un armistice. Beaulieu, qui comptait d’abord pouvoir défendre la ligne du Tessin, avait dû se replier sur l’Adda. A Lodi, pendant que le gros de l’armée l’attaquait de face, Masséna tourna la position en passant un gué, et décida de la victoire (10 mai). Le 14, il fut reçu comme un libérateur à Milan, dont il fit en quelque sorte sa capitale. Il fit payer 8 millions un armistice au duc de Modène, leva sur le Milanais 20 millions de contributions de guerre, et partagea cet argent entre la caisse de son armée et le Directoire, qu’il tenait par là. A la fin du mois, Beaulieu fut encore battu à Borghetto et se réfugia dans Mantoue. Pour couvrir le siège de cette ville, Napoléon n’hésita pas à occuper Vérone et Peschiera, villes vénitiennes, sous prétexte que la République de Venise avait permis à Beaulieu de s’échapper par Peschiera : or Beaulieu avait passé de vive force.

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BATAILLE DE CASTIGLIONE (1796)

Le 16 thermidor an IV (5 août 1796), les Français, commandés en personne par le général Bonaparte, livrèrent à la l’armée autrichienne une bataille décisive et qui devint une brillante victoire. Les pertes de l’ennemi furent cruelles : 20 pièces de canon, 3.000 hommes tués ou blessés, 4.000 prisonniers parmi lesquels trois généraux. Du côté des Français, les pertes furent moindres, mais celle du général Beyrand fut à regretter. Les princpaux subordonnés de Bonaparte dans cette journée, furent : Augereau, Masséna, Guieu et l’aide de camp Junot.

En même temps, par l’occupation de Bologne, Napoléon Bonaparte menaça le pape Pie VI de la perte de la Romagne, et lui vendit un armistice 21 millions. Cependant, à la fin de juillet, la situation de l’armée française parut soudain compromise l’empereur envoyait 60000 hommes par le Tyrol pour délivrer Mantoue et reprendre la Lombardie; Wurmser, général en chef, força le passage de l’Adige à Vérone; son lieutenant Davidovitch était devant Rivoli; son lieutenant Quasdanovitch avait pris Salo, de l’autre côté du lac de Garde, au Sud duquel les trois corps devaient faire leur jonction afin de couper les 30000 Français de leur ligne de retraite (Brescia), Pour l’empêcher, Bonaparte ordonne à Sérurier de lever le siège de Mantoue, et fait passer toute son armée en dehors du quadrilatère, sur la gauche du Mincio. Il la porte rapidement sur Ouasdanovitch, qu’il bat à Lonato et rejette sur Salo (31 juillet); mais les deux autres chefs autrichiens avaient franchi le Mincio : Wurmser rentra à Mantoue (2 août) et envoya deux de ses divisions contre les Français : Masséna vainquit la première (Bayalitch) à Lonato, et la seconde (Liptaï) perdit sa position de Castiglione après un combat acharné contre Augereau (3 août). Wurmser, avec 15000 hommes, rallie ses deux lieutenants. La grande bataille de Castiglione le rejeta sur la rive droite du Mincio (5 août). Ce mois critique n’avait pas enhardi seulement les petits princes italiens, qui payèrent bientôt leurs intentions mal dissimulées; il avait aussi ouvert les yeux des directeurs sur les empiétements politiques du général en chef.

Ce fût seulement quelques jours après la victoire que Napoléon Bonaparte demanda au Directoire « trois ou quatre mois » de repos et « d’obscurité » afin de « rétablir sa santé et de calmer l’envie ». On ne pouvait lui répondre que par des éloges, et il avait d’ailleurs si peu l’intention de céder la place que, le 18 avril, il faisait venir Joséphine à Milan, ou elle tint une véritable cour. Cependant Wurmser, qui avait réparé ses pertes, trompa son adversaire par une marche savante et redescendit par la vallée de la Brenta. Bonaparte, qui avait remonté celle de l’Adige et forcé l’entrée du Tyrol à Roveredo (4 septembre), au lieu de rebrousser chemin; suivit Wurmser qui, battu le 8 à Cassano, le 15 à Saint-Georges, s’enferma dans Mantoue, dont le siège continua. L’Autriche, victorieuse dans l’Allemagne occidentale, forma une troisième armée sous le commandement d’Alvinzi, pendant que la péninsule commençait à se soulever.

arcole

BATAILLE DU PONT D’ARCOLE (1796)

Le 17 novembre 1796, célèbre victoire d’Arcole remportée par l’armée française sous les ordres de Bonaparte, sur les Autrichiens. Cette bataille dura trois jours et fut très meurtrière. Pour décider du gain de la bataille, Bonaparte prit un drapeau, – tentative infructeuse déjà faite par Augereau, – s’élança à la tête de ses soldats, et franchit une partie du pont ; son aide de camp, Muiron, tomba à ses côtés ; Lannes y fut blessé pour la troisième fois, le général Vignolle fut également blessé. Le fruit de cette victoire fut de 5.000 prisonniers faits à l’ennemi, 4 drapeaux et 18 pièces de canon tombèrent en notre pouvoir, et la perte en tués et blessés du côté des Autrichiens fut de 8.000 hommes. Cette victoire coûta cher aux Français : 7 généraux : Lannes, Vignolle, Verdier, Gardanne, Bon, Robert et Verne y furent blessés, et deux aides de camp de Bonaparte : Muiron et Elliot y furent tués.

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BATAILLE DE RIVOLI (1797)

Les 14 et 15 janvier 1797, le général en chef de l’armée d’Italie, à la tête de 23.00 hommes, affronta les troupes autrichiennes fortes de 28.000 hommes. Assisté des généraux Joubert et Masséna, Bonaparte remporta l’une de ses plus belles victoires, poursuivant ainsi une série de succès plus impressionnants les uns que les autres depuis son entrée en campagne l’année précédente (Montenotte, Lodi, Castiglione, Arcole, etc)… Masséna joua un rôle décisif lors de la bataille, et fut alors affectueusement qualifié par son supérieur d’Enfant chéri de la victoire. Les Français eurent 5.000 blessés ou tués, les Autrichiens perdirent quant à eux la moitié de leurs effectifs dans la confrontation (prisonniers y compris). La bataille de Rivoli permit à Bonaparte de se recentrer sur le siège de Mantoue avec encore la même réussite

La bataille d’Arcole, puis celle de Rivoli eurent raison de la ténacité d’Alvinzi (17 novembre 1796 et 15 janvier 1797) : son lieutenant Provera mit bas les armes après les affaires de Saint-Georges et de la Favorite (15 et 16 janvier) et Wurmser, réduit par la famine, livra Mantoue (2 février). Malgré les intentions du Directoire qui ne voulait pas rendre la paix impossible avec l’Autriche, Napoléon, après avoir occupé Modène et réuni un congrès de « patriotes » italiens, organisa l’Émilie ou République cispadane. Le pape, qui avait fait des préparatifs de guerre, dut signer (19 octobre) la paix de Tolentino, qui lui coûta une nouvelle contribution de 15 millions, la Romagne et les Légations (annexées à la Cispadane) et Ancône, qu’occupa une garnison française.

Cependant, tout n’était pas terminé. L’archiduc Charles, vainqueur de Moreau, porta une nouvelle armée jusqu’aux Alpes Carniques. Napoléon Bonaparte le prévint. Le col du Brenner fut occupé par Joubert, celui de Tarwis par Masséna, tandis qu’au Sud il forçait le passage du Tagliamento (16 mars) derrière lequel l’archiduc gardait la route de Trieste. Le 31 mars, allant droit sur Vienne, il arrive à Klagenfürth, d’où il fait à son adversaire des ouvertures pacifiques, prend le défilé de Neumark le 1er avril, entre le 7 à Leoben, et, du haut du Soemmering, contemple au loin les clochers de Vienne. Le 13 avril, les préliminaires de Leoben étaient signés, sans Clarke, le fondé de pouvoir du gouvernement, au moment même où Hoche et Moreau inauguraient une brillante campagne, où Kray allait être vraisemblablement enveloppé. Irrité par la neutralité prolongée, et plutôt malveillante de Venise, il avait résolu d’en finir avec cette République. Le massacre de la garnison française de Vérone (Pâques Véronaises, 16 avril) lui en fournit une raison plausible; Baraguey d’Illiers reçut l’ordre d’occuper le territoire de terre ferme. A l’autre extrémité de l’Italie du Nord, il démocratisa Gênes. Il donna son entière adhésion au coup d’État directorial du 18 fructidor, et par ses proclamations, et par l’envoi d’Augereau à Paris. Il obtint enfin carte blanche pour négocier lui-même la paix de Campo-Formio qui reconnut à la France la possession des Pays-Bas autrichiens et de la rive gauche du Rhin (sauf règlement ultérieur avec les princes de l’empire dépossédés), reconnut la République cisalpine, mais livra le territoire vénitien à l’Autriche, sauf les îles Ioniennes laissées à la France (17 octobre 1797)

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2 ème Partie (1789-1796) : Napoléon Un soldat de la Révolution

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LE VENT DE LA REVOLUTION

La Révolution lui ouvrit un horizon qui allait peu à peu s’étendre devant ses yeux comme à l’infini. Mais c’est d’abord à son île qu’il pensa. Napoléon Bonaparte obtint un congé pour aller régler en Corse ses affaires de famille. Il arriva à Ajaccio dans les derniers jours de septembre 1789. Il fit une première incursion dans la politique en écrivant une lettre de blâme à l’adresse de Buttafuoco, député de la noblesse corse, qu’il accusait de trahir son pays, parce qu’il soutenait les droits de la France sur la Corse. Il prit la parole au club d’Ajaccio, dépassa le congé accordé et renouvelé, se fit excuser sous le prétexte de l’état de la mer, et revint à Auxonne avec son jeune frère Louis (février 1791). Cette charge, qu’il avait acceptée, lui laissa de durs souvenirs :

« Savez-vous comment je vivais? C’était en ne mettant jamais les pieds ni au café, ni dans le monde, en mangeant du pain sec, en brossant mes habits moi-même, afin qu’ils durassent plus longtemps. »

Napoléon Bonaparte ébauchait une histoire de la Corse, écrivait un Dialogue sur l’amour, blasphème déclamatoire, des Réflexions sur l’état de nature, tout imprégnées des sophismes de Jean Jacques. En 1791 (1er juin), il fut nommé lieutenant en premier d’un régiment d’artillerie (appointements : 1200 livres) et revint à Valence. Il y prit ouvertement parti pour les constitutionnels contre les royalistes intransigeants, lisant à ses soldats les articles du Moniteur, applaudissant à la suspension du roi après la fuite de Varennes, écrivant et signant (ce qui n’était pas exigé) son serment civique. Certes, il calculait juste : mais il faut avouer aussi que l’égalité de droit établie entre la Corse et les autres départements, la généreuse conduite de l’Assemblée envers Paoli qui fut rappelé d’exil et nommé lieutenant-général dans l’île qu’il avait défendue contre Choiseul, étaient bien propres, en dehors de toute ambition, à faire du jeune officier un zélé partisan des idées nouvelles, et bientôt un jacobin. C’est à Valence qu’il composa, pour un concours ouvert par l’Académie de Lyon, un discours où il foule aux pieds la théologie, la monarchie absolue, déclame contre l’ambition, exalte la liberté, l’égalité, le stoïcisme, la simplicité du coeur et des moeurs, et « combat toutes les passions qui le gouverneront plus tard ».

chef de la garde

Au bout de deux mois d’activité, Napoléon Bonaparte demande un nouveau congé de trois mois pour retourner en Corse où s’organisait la garde nationale soldée; par-dessus la tête de son colonel, il obtint l’autorisation, qu’il sollicitait, et vint se mêler aux élections pour la Législative. Il proposa aux élus d’Ajaccio de dissoudre par la force le club feuillant. Il se fit nommer lui-même, non sans de violentes manoeuvres, chef de bataillon de la garde nationale soldée. Il proposa des mesures rigoureuses contre le clergé réfractaire et répondit à l’émotion publique en occupant militairement les avenues de la citadelle d’Ajaccio. Accusé à Paris d’avoir voulu s’en emparer, il se munit amplement de certificats de civisme, accourut dans la capitale, mais ne réussit pas à se disculper et fut laissé sans emploi. Il assista, aux prises avec le misère, aux journées du 20 juin et du 10 août, mais sans y jouer un rôle actif; puis, avec une commission antidatée de capitaine et grâce à l’arriéré de sa solde, qu’il toucha, il regagna sa ville natale le 17 septembre 1792. Paoli reconstituait son parti antifrançais et se rapprochait de l’Angleterre, dont il espérait des subsides; le 2 avril 1793, le comité de Salut public ordonna son arrestation. Napoléon se détacha du héros de sa jeunesse et appuya la mission du conventionnel Saliceti. Paoli l’emporta d’abord, et Napoléon fut banni par la consulte de Corte; il s’enfuit à Bastia avec les siens, puis, le 13 juin 1793, vint installer sa mère et ses soeurs à La Valette (près de Toulon), et rejoignit peu après sa compagnie à Nice (armée des Alpes).

LES PREMIERS FAITS D’ARMES

Toulon

Dans le sein de la Convention, les Montagnards venaient de l’emporter sur les Girondins, mais ceux-ci parvinrent à soulever un grand nombre de départements et demeurèrent les maîtres à Lyon, à Marseille; donnant bon gré mal gré la main aux royalistes et par conséquent à l’étranger. Napoléon Bonaparte rejoignit près d’Avignon la colonne du général Carteaux, chargée de couper les communications entre Lyon et Marseille, et de reprendre cette dernière ville. A Beaucaire, sous forme de dialogue, il défendit éloquemment, dans le Souper de Beaucaire, la cause de l’unité française contre le fédéralisme; et cet opuscule, qu’il présenta aux « proconsuls » Saliceti et Robespierre le jeune, fut imprimé. aux frais de l’État ; Marseille fut reprise, mais trois jours après Toulon était livré aux Anglais par l’amiral de Trogoff. Carteaux reçut le commandement de l’armée de Toulon, et Bonaparte devint le chef de son artillerie, en remplacement du capitaine Donmartin, gravement blessé. Il fut nommé chef de bataillon (19 octobre 1793) sous un nouveau général, Dugommier. Il assista aux délibérations du conseil de guerre, où il fut décidé qu’on s’emparerait des forts afin de dominer la rade, et prit en quelque sorte d’autorité, sans titre spécial, la direction de l’artillerie. La prise du Petit-Gibraltar et du fort de l’Aiguillette rendit Toulon aux Français.

Sans réduire à néant, comme le voudrait la légende, le rôle de Dugommier, il est certain que ce brillant succès mit pour la première fois en relief le nom de Napoléon Bonaparte (13 décembre). Il s’était en même temps efficacement occupé de ses frères et de ses soeurs (Les Bonaparte). Il ne prit aucune part aux vengeances politiques qui suivirent la victoire. Le 22 décembre, il obtint, sur la proposition de Robespierre le jeune, le grade de général de brigade, mit en défense la côte provençale et alla commander à Nice l’artillerie de Dumerbion, chef de l’armée d’Italie. Les crêtes des Alpes Maritimes furent occupées, et Bonaparte fit, sur place, un plan d’opération offensive qu’il adressa au comité de Salut public. Le 9 thermidor interrompit brusquement sa carrière. Accusé de trahison par Saliceti, dont il avait, dit-on, séduit la femme, il fut enfermé à Antibes, puis, grâce à Barras, élargi en août 1794, mais non réintégré. Ce fut seulement en mars 1795 que Scherer le proposa pour commander l’artillerie de l’armée de l’Ouest, sous les ordres de Hoche. Le ministre Aubry ne voulut que lui donner une brigade d’infanterie. Il démissionna et, malgré sa pénurie relative, se mêla à la vie et aux intrigues de la Société « thermidorienne »; grâce à Carnot, il se fit attacher au bureau topographique de l’armée d’Italie. Scherer, ayant reçu communication de ses plans, répondit :

Que celui qui a écrit cela vienne l’exécuter!

Il ne se croyait pas si bon prophète. Disgracié encore, il eut tout le temps d’observer les préparatifs des sections royalistes contre la Convention. Aux journées de vendémiaire, Barras le fit préposer, sous ses ordres, à la défense de l’Assemblée, mission dont il s’acquitta énergiquement, mais sans effusion de sang inutile, sans excès. En récompense, il reçut le commandement de l’armée de l’intérieur (26 octobre 1795). Le 29 février 1796, par l’appui des directeurs Carnot et Barras, il fut mis à là tête de l’armée d’Italie. C’est le 9 mars, quelques jours avant de repartir pour le Midi, qu’il épousa Joséphine Tascher de la Pagerie, veuve du général de Beauharnais. Rien ne prouve que Barras ait imposé ce mariage à un protégé qui était en état de se passer de lui. Il est naturel que Napoléon Bonaparte ait aimé à la folie (c’est son expression) la femme, enfant malgré son âge et son passé, qui lui ressemblait le moins. Cette union le fit bien voir des royalistes, qu’il avait d’ailleurs ménagés individuellement, sinon en paroles, du moins en fait.

mont farron

Dec 1793 : L’attaque du Mont Faron tenu par les Anglais depuis quatre mois. L’artilleur Bonaparte mettra ses batteries à cet endroit et détruira les position anglaises.

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1 ère Partie (1769-1789) :Napoléon Buonaparte Corse de naissance

napoléon

D’après son acte de mariage avec Joséphine, veuve du général de Beauharnais, il aurait vu le jour en 1769, il serait donc l’aîné de la famille. On a supposé que Napoléon ayant dépassé la limite d’âge au moment où son père Charles Bonaparte  le présentait à l’école de Brienne, celui-ci aurait substitué, à son acte de naissance, l’acte de naissance de Joseph. Ce sont là des hypothèses. On sait, d’ailleurs, que sous l’Ancien régime, et pendant longtemps encore après la Révolution, ni les lois, ni les habitudes légales n’étaient très rigoureuses à l’égard des actes de l’état civil ou des actes religieux qui en tenaient lieu. L’acte de mariage susdit rajeunit Joséphine, précisément à l’époque où, si  l’on se reporte à la Constitution de l’an III, Napoléon Bonaparte pouvait avoir un intérêt politique à se donner pour plus âgé qu’il ne l’était. D’autre part, ni Joseph, ni Napoléon, n’ont jamais eu l’occasion, on le conçoit, de se contester réciproquement le droit d’aînesse.

Le mensonge prémédité, qui, pour les hommes de pouvoir, passe si vite à l’état de légende, s’est emparé de l’enfance et de la jeunesse de Napoléon. Il convient de rejeter les anecdotes imaginaires qu’entasse à plaisir

(MAISON NATALE DE NAPOLEON)

Voici tout ce que dictait le prisonnier de Sainte-Hélène sur les neuf premières années de sa vie :

« Rien ne m’imposait, je ne craignais personne. Je battais l’un, j’égratignais l’autre, je me rendais redoutable à tous. Mon frère Joseph était battu, mordu, et j’avais porté plainte contre lui quand il commençait à peine à se reconnaître. Bien m’en prenait d’être alerte : maman Laetitia eût réprimé mon humeur belliqueuse; elle n’eût pas souffert mes algarades : sa tendresse était sévère. Mon père, homme éclairé, mais trop ami du plaisir pour s’occuper de mon enfance, cherchait quelquefois à excuser nos fautes. »

Ni de cette indulgence. qui à distance lui paraissait de la faiblesse, ni de toutes les peines que se donna Charles Bonaparte pour récupérer ses biens et pour assurer le sort de sa nombreuse famille, Napoléon ne témoigne nulle part la moindre gratitude. Toutefois, tout en courant la montagne et malgré une santé d’apparence délicate, il avait appris à lire par les soins de son oncle Fesch, plus âgé que lui de six ans. Son grand-oncle Lucien lui avait enseigné le catéchisme. Il savait aussi un peu d’italien littéraire; il n’avait pu mordre au latin. Charles Bonaparte avait, juste à temps, abandonné le parti de Pasquale Paoli le gouverneur de la Corse, comte de Marbeuf, fit accorder des bourses scolaires à Joseph, à Napoléon et à Fesch, avec lesquels Charles Bonaparte partit pour la France, le 15 décembre 1778. Joseph et Napoléon étaient destinés au collège d’Autun, qui était, sous la haute protection de l’évêque, frère du gouverneur; de là, Napoléon, dont la vocation guerrière était déjà évidente, devait passer au collège militaire de Brienne.

En trois mois, à Autun, Napoléon apprit assez de français pour commencer à l’écrire, mais il se montra toujours rebelle à la scolastique grammaticale et à l’orthographe, et longtemps sa prononciation décela son origine. Le 23 mars 1779, il fut nommé à l’école militaire de Brienne, dirigée par des religieux minimes; en réalité, l’enseignement y était général et élémentaire, comme il convenait à des enfants : mais l’éducation y était conçue de façon à discerner les caractères et à orienter les aptitudes naturelles. Les lettres désespérées et hautaines qu’il aurait écrites de Brienne, l’une à son père (5 avril 1784), l’autre à M. de Marbeuf (8 octobre 1783), et qu’a recueillies, en dernier lieu, le colonel Jung (Bonaparte et son temps), sont absolument apocryphes. Ce qui est exact, c’est qu’il eut, à Brienne comme à Autun, des accès de nostalgie qui tournèrent tantôt à une profonde mélancolie, tantôt à une véritable exaspération. La froide et crayeuse Champagne ne rappelait guère à sa vive imagination les magnificences du sol et du climat de son île natale. Corse il était né, Corse il demeura. Comme nouveau et plus encore comme exotique, il fut en butte aux moqueries de ses camarades. II prononçait son nom de baptême « Napollione » : les jeunes Français, parmi lesquels il était dépaysé, le surnommèrent « la paille au nez » dans cette plaisanterie innocente il vit une injure mortelle et se concentra en un farouche isolement. Mais était-il qualifié de Français?

« Ses maîtres de géographie faisaient de son île une dépendance de l’Italie, et ne parlaient d’elle qu’après avoir décrit la péninsule, après avoir énuméré successivement les États de la maison de Savoie et de la maison d’Autriche, les seigneuries de Gênes et de Venise, les duchés de Parme et de Modène, le grand-duché de Toscane, l’État de l’Église, le royaume de Naples, la Sicile, la Sardaigne. Les minimes enseignaient, après la conquête de 1769, que la Corse était non pas terre française, mais pays étranger » (A. Chuquet).

Les minimes n’étaient pas les seuls : sur cette question qui nous paraît si claire, Necker demeure encore dans l’ambiguïté, en son traité De l’administration des finances (1784). Napoléon n’apportait pas en principe, d’ailleurs, de sentiments antifrançais : lui et sa famille n’avaient reçu que des bienfaits du roi de France.

Napoléon avait surtout en horreur les tyrans mercantiles de son pays, les Génois. Au mois de juin 1782, un Bastiais, Balathier de Bragelonne, fut admis à Brienne.

   « Des malins imaginèrent, pour faire pièce à Napoléon, de lui présenter le nouveau venu comme un Génois. Au seul monde Génois, Napoléon, furieux, s’écrie en italien : Serais-tu de cette nation maudite? Et Balathier avait à peine eu le temps de répondre Si, signor, que l’Ajaccien le saisissait par les cheveux : on parvint à lui arracher sa victime, mais il fallut plus de quinze jours pour lui persuader que Balathier de Bragelonne était Bastiais » (A. Chuquet).

(PASCAL PAOLI : Père de la Patrie Corse)

Sans ajouter la moindre foi au mot que lui prêtent les Mémoires de Bourrienne : « Je ferai à tes Français tout le mal que je pourrai, » il est incontestable que Napoléon ne cessait de rêver à l’indépendance de la Corse, et que Paoli était son héros, son dieu, quoiqu’il ne fût nullement son parrain, en dépit de l’assertion erronée que Lucien Bonaparte a reproduite dans ses Mémoires. Sa première distraction, qui, tout en donnant carrière à son activité physique, contribua encore à son isolement moral, fut le jardinage. Le principal avait distribué aux élèves des parcelles de terrain qu’ils pouvaient cultiver à leur guise.

Napoléon commença par annexer, de gré ou de force, les lots de ses deux voisins, munit son domaine d’une forte palissade de piquets et en fit un ermitage de verdure où il passait seul ses récréations, dévorant livres sur livres, rêvant aux hommes de Plutarque, aux braves et malheureux défenseurs de la Corse, et, toutes les fois que l’on essayait de le déranger, sortant comme un furieux et se défendant pied à pied contre les intrus, si nombreux fussent-ils. S’il était vaincu et battu, il ne s’en plaignait à personne : « à ses yeux, le maître, c’était l’ennemi ». S’il y avait quelque mutinerie contre les régents, il sortait de sa retraite pour haranguer et diriger les jeunes révoltés, mais cette attitude, bientôt réprimée, ne le rendait pas plus sympathique à ses camarades.

Le principal, Berton, ayant eu l’idée d’organiser une sorte de bataillon scolaire, Napoléon, capitaine d’une des compagnies, fut solennellement dégradé par l’état-major des élèves, comme dédaignant leur amitié et indigne de les commander; il se soumit sans bassesse, rentra en lui-même, devint un peu plus sociable et fut pardonné. Il leur faisait livrer entre eux des batailles, Grecs contre Perses, Romains contre Carthaginois, dans lesquelles il y eut des blessés et qui furent interdites.

Pendant le rigoureux hiver de 1783, appliquant les leçons élémentaires de fortification qu’il recevait à l’école, il construisit suivant les règles de l’art un fortin en neige qui fut attaqué et défendu à coups de boule de neige et qui, jusqu’au printemps, fit l’admiration des habitants de Brienne. A l’occasion de la fête de Louis XVI (25 août 1774), des étincelles mirent le feu à une boite de poudre qui fit explosion; les enfants, effrayés, s’enfuirent dans l’enclos de Napoléon qui, sans partager leur peur, sans penser au danger qu’ils fuyaient, les repoussa, comme un « enragé », à coups de pioche. Deux mois auparavant (21 juin), Charles Bonaparte, miné par les misères de son existence et par la maladie qui allait bientôt l’emporter, était venu à Brienne pour y conduire son troisième fils Lucien :

« Mon frère, écrit Lucien, m’accueillit sans la moindre démonstration de tendresse, et je dois à ces premières impressions la répugnance que j’ai toujours eue à fléchir devant lui. »

Napoléon ne rendit jamais justice à son père : il lui en voulait sans doute de l’avoir privé de sa patrie et d’avoir préféré, aux périls de la liberté, les avantages de la servitude. En résumé, Brienne a fortement trempé, en même temps qu’assombri, le caractère de Napoléon, par les luttes physiques et surtout morales qu’il eut à soutenir contre un milieu qui lui était étranger, hostile et antipathique, et contre un despotisme monacal qu’il abhorrait, Un jour, réprimandé, il répliqua fièrement :

« Qui êtes-vous donc, Monsieur, pour me répondre sur ce ton? lui fit le principal. – Un homme, Monsieur. »

Il avait alors quatorze ans.

Comme écolier, cet « homme » n’avait voulu s’appliquer qu’à ce qui lui paraissait utile, qu’à ce qui s’adaptait à sa nature et à ses vues d’avenir militaire. Le régime de l’école, et aussi sa qualité d’étranger, lui en avaient presque entièrement laissé la latitude. D’ailleurs, le latin était exclu des cours de l’École militaire de Paris, à laquelle il était destiné. Mais il ne marquait pas plus de goût, alors du moins, pour la littérature proprement dite, pour les poètes. Voici d’ailleurs les notes qui lui étaient données par l’inspecteur Kéralio :

   « M. de Bonaparte, taille de quatre pieds dix pouces dix lignes, a fait sa quatrième; de bonne constitution, santé excellente, caractère soumis, honnête et reconnaissant, conduite très régulière, s’est toujours distingué par son application aux mathématiques; il sait très passablement son histoire et sa géographie; il est assez faible dans les exercices d’agrément et pour le latin, où il n’a fait que sa quatrième ; ce sera un excellent marin ; mérite de passer à l’école de Paris. »

En ce qui concerne le caractère, un autre inspecteur, Regnault de Mons, a été plus clairvoyant ou plus sincèrement informé par les minimes :

« caractère dominant, impérieux, entêté. »

Ajoutons, quant au physique, que malgré sa petite stature et son apparence chétive, il était large d’épaules et dur à la fatigue. Il avait les yeux gris fer, le regard vif et observateur, les lèvres fines, le teint olivâtre, la tête forte et anguleuse.

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(NAPOLEON A L’ECOLE MILITAIRE DE BRIENNES)

C’est le 23 octobre 1784 que Napoléon Bonaparte entra à l’École militaire de Paris, institution fastueuse qui ne ressemblait en rien à la médiocrité monacale de Brienne. Pour les 120 élèves, dont 60 boursiers, qui y faisaient leurs études, il y avait 80 personnes de service, et 20 professeurs, dont le plus célèbre était Monge. Là, Napoléon se lia d’amitié avec son camarade de chambre, Des Mazis, mais ne se réconcilia pas avec les jeunes nobles qui avaient quitté Brienne en même temps que lui, les Castries, les Comminges, etc. Sa jeune soeur, Marie-Anne (dite plus tard Elisa), était pensionnaire à Saint-Cyr : il allait la voir fréquemment.

En 1785, la nouvelle de la mort de son père (24 février) le toucha vivement, moins peut-être par les regrets qu’elle lui inspirait que par les responsabilités qu’elle lui découvrit tout à coup : au point de vue de l’intelligence et de l’énergie, il se sentait l’aîné de ses frères et soeurs, ayant depuis longtemps jugé Joseph; il prit dès lors et soutint un ton d’autorité morale et de protection d’ailleurs efficace et dévouée que nul dans sa famille, pas même son oncle Lucien et sa mère, ne songèrent bientôt plus à lui contester. La pauvreté, plus encore peut-être que l’ambition, l’aiguillonnait, et c’est après avoir fait, incomplètement d’ailleurs, en six ans, les études qui demandaient une dizaine d’années à la plupart des jeunes nobles, qu’il concourut, à dix-sept ans, pour une place de lieutenant en deuxième dans un régiment d’artillerie; il ne fut classé que le 42e sur 58; sans stage, il fut nommé lieutenant. en deuxième à la compagnie des bombardiers du régiment de La Fère, aux appointements de 800 livres par an. Il suivit ce régiment dans ses garnisons successives de Valence (1785), de Lyon (1786), de Douai (1787) et d’Auxonne (1788). A Valence, où son caractère se détendit quelque peu, il est ainsi noté officiellement :

« Réservé et studieux, il préfère l’étude à toute espèce d’amusement, se plaît à la lecture de tous auteurs; très appliqué aux sciences abstraites, peu curieux des autres, connaissant à fond les mathématiques et la géographie, aimant la solitude, capricieux, hautain, extrêmement porté à l’égoïsme, parlant peu, énergique dans ses réponses, prompt et sévère dans ses réparties, ayant beaucoup d’amour-propre, ambitieux et aspirant à tout.-»

De dix-sept à vingt ans, Napoléon Bonaparte travailla beaucoup et en tout sens.

« Il aimait peu les réunions, les bals, les banquets, qu’il trouvait toujours trop longs. Assez voluptueux (plus tard), il aimait peu les femmes, ce qui n’est pas contradictoire, et au contraire se souciait peu de leur conversation et de leur rendre les petits soins qu’elles aiment tant, et, comme tous les Méridionaux, ne les prit jamais au sérieux. Sa brutalité, dans cet ordre de choses, ne fut jamais, comme on l’a dit, timidité ou gaucherie; car Bonaparte timide, ou même gauche, c’est une plaisanterie un peu forte. C’était parfait mépris, tout simplement » (E. Faguet).

Il faut évidemment distinguer les époques et les circonstances; mais l’érotisme non raffiné, impatient plutôt, l’a toujours emporté chez lui sur l’amour digne de ce nom. C’est ce que Stendhal a bien noté, quoique avec exagération. Quant à reconnaître avec un de ses derniers biographes,

« qu’il fut supérieur à tous les autres hommes en amour comme en tout le reste, parce qu’il a éprouvé pour la femme toute la série des sensations et des sentiments que la femme peut inspirer » (F. Masson),

ce serait exclure de la liste de ces sentiments l’estime, le dévouement et la délicatesse. La passion maîtresse, l’ambition, devait, en définitive, toujours l’emporter.

Ce fut d’abord l’ambition de tout savoir.

« Il se livre à une lecture effrénée [...] que sa prodigieuse mémoire rend efficace. Il fait des résumés de ses lectures; il apprend par coeur les tragédies de Corneille, de Racine et de Voltaire. il professe un profond dédain pour la comédie, mais il aime la tragédie. Il admire Corneille, surtout Cinna, et il adore Racine. Il goûte beaucoup Voltaire, dont il déclarera plus tard le genre boursouflé et faux. L’Esprit des lois lui inspire une respectueuse admiration pour Montesquieu. II aime Raynal. Il idolâtre Jean-Jacques Rousseau, dont la Nouvelle Héloïse lui tourne la tête » (Et. Charavay, d’agrès A. Chuquet)

Napoléon Bonaparte écrit, dans un style encore entaché d’italianismes, des nouvelles en prose des dissertations politiques. Quelque part il défend les opinions du Contrat social sur la religion civile. En dépit de ces lectures françaises, de son uniforme, il n’est pas Français, il est, comme en témoignent les Lettres sur la Corse, demeuré « Corse de coeur et d’âme, Corse des pieds à la tête ». C’est comme tel qu’il est républicain et libre penseur.

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NAPOLEON Ier : un destin fabuleux

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1769-1789 :Corse de naissance

Napoléon Buonaparte est né de parents italiens le 15 août 1769 à Ajaccio. La Corse n’avait été rattachée à la France qu’un an auparavant. Son père l’envoie dans une école militaire sur le Continent. A l’âge de 16 ans, il a déjà le grade de lieutenant d’artillerie.

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1789-1796 : Un soldat de la Révolution

Après avoir rejoint la Révolution et les Jacobins, Napoléon fait rapidement carrière. En 1793, il boute les Anglais hors de Toulon; un an plus tard, il réprime une insurrection royaliste. Le Directoire, autrement dit le gouvernement de la France, place Napoléon à la tête de l’« armée de l’Intérieur » et de l’armée italienne. Avec ces deux armées, il engage le combat contre les Autrichiens. Avant son départ, il épouse Joséphine Beauharnais, dont il avait fait la connaissance un an plus tôt.

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(Napoléon à 25 ans)

1796-1797 :La Campagne d’ Italie

Au mois de mars 1796, Napoléon se lance dans sa première campagne d’Italie. Il remporte aux dépens de l’Autriche et de l’Italie des victoires à répétion qu’il met habilement en scène dans des journaux fondés par ses soins. La campagne se termine par la paix de Campo Formio du 14 octobre 1797. Une grande partie de l’Italie revient aux Français. Cette paix a également des conséquences non négligeables pour les Allemands : l’empereur François II renonce aux régions de la rive gauche du Rhin. La cession de ces territoires à la France est reconnue officiellement dans le traité de Lunéville de 1801. La Diète de l’Empire adopte en 1803 une résolution (Reichsdeputationshauptschluss) qui vise à indemniser les princes allemands pour les terres perdues.

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1798-1799 :La campagne d’Egypte

Napoléon prévoit de conquérir l’Angleterre, un pays qui, inlassablement, forge des coalitions anti françaises. Cependant, les forces navales françaises ne suffisent pas. Napoléon entend donc affaiblir le Royaume d’Angleterre par d’autres moyens – en occupant l’Égypte en 1798. L’objectif est d’expulser l’Angleterre de toutes ses possessions dans lesquelles Napoléon peut faire irruption. Mais à la bataille d’Aboukir, Nelson anéantit la flotte française. Napoléon parvient toutefois à poursuivre sa campagne d’Egypte et à remporter de nombreuses victoires, notamment contre l’armée ottomane. Cette campagne d’Egypte n’en reste pas moins un désastre politique et militaire. Cependant, cette expédition débouche sur d’importantes découvertes scientifiques : Napoléon est venu non seulement avec 35 000 soldats, mais aussi avec les savants les plus brillants de l’Empire.

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1799-1800 :Napoléon devient Premier consul

En 1799, le Directoire affaibli rappelle Napoléon à Paris pour remettre de l’ordre. Mais ce dernier veut gouverner lui-même et accède au pouvoir par un coup d’Etat. Le 9 novembre 1799 – ou 18 Brumaire dans le calendrier révolutionnaire –, il devient Premier consul et de facto monarque unique régnant sur la France. Pendant sa seconde campagne d’Italie, en 1800, il franchit les Alpes par le col du Grand Saint-Bernard et met les Autrichiens en déroute dans la bataille de Marengo.

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1801- 1804 :Les Réformes Intérieures

En 1801, la République française scelle la paix avec les monarchies européennes, l’Espagne d’abord, l’Autriche ensuite et, enfin, l’Angleterre. Napoléon profite de cette période de paix pour entreprendre des réformes intérieures. En 1804, il instaure le Code civil, une législation révolutionnaire qui sera reprise dans de nombreux pays européens. Il édicte principalement l’égalité de tous devant la loi, la protection de la liberté individuelle et la liberté de culte. Cette nouvelle législation s’appliquera aussi dans les régions allemandes sous occupation française. Le 2 décembre 1804, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, Napoléon se couronne lui-même empereur à vie et se fait sacrer par le Pape.

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1805-1811 : L’Empereur Napoléon I er à la conquête de l’Europe

Après deux ans de paix, l’Angleterre et la Russie se liguent contre Napoléon et signent un pacte auquel l’Autriche adhère également. Ces trois puissances craignent que des révolutions à la française n’éclatent chez elles. Le 21 octobre 1805, au large du cap Trafalgar, l’Angleterre inflige une défaite dévastatrice à l’armée française. Mais le 3 décembre 1805, lors de la bataille des trois empereurs qui se déroule à Austerlitz, Napoléon remporte une victoire glorieuse sur l’Autriche et la Russie. En conséquence, Napoléon domine presque la presque totalité de l’Europe.

Les états allemands réorganisés par Napoléon se regroupent dans la Confédération du Rhin ; la Saxe, la Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes et le pays de Bade un grand-duché. Seuls la Prusse, l’Autriche, Braunschweig et Kurhessen n’appartiennent pas à la Confédération. Le saint Empire romain germanique est dissout, l’empereur François II doit abdiquer. A l’automne 1806, Napoléon vainc les armées prussiennes à Iéna et à Auerstedt. Le traité de paix de Tilsit, signé en 1907, prend la moitié de son territoire à la Prusse et crée à l’ouest le royaume de Westphalie et à l’est le duché de Varsovie. Soucieux de maintenir la cohésion de son Empire, Napoléon assied nombre de ses frères sur divers trônes en Europe ou marie ses soeurs à des successeurs au trône. Pour sa part, il se sépare de Joséphine qui ne peut pas lui donner d’enfant et, en 1810, épouse la fille de l’empereur d’Autriche.

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1812-1815 : La chute de Napoléon

Dans les pays occupés, la résistance s’affermit. A la suite de l’Espagne en 1809, la Russie est la seconde puissance qui se met en travers de Napoléon. Elle lève le blocus continental, boycott commercial européen que Napoléon avait instauré contre l’Angleterre en 1806. Sur ce, Napoléon rassemble plus de 500 000 soldats – la plus grande armée jamais vue en Europe – et fait irruption en Russie. Mais sur la Bérésina et à Moscou, Napoléon subit de cuisantes défaites et perd une grande partie de son armée. Il est contraint d’entamer la retraite. A leur tour, la Prusse et l’Autriche se retournent contre les troupes françaises. La domination militaire de Napoléon sur l’Europe prend alors fin avec la défaite qu’il subit en octobre 1813 dans la Bataille des Nations, à proximité de Leipzig. Après la conquête de Paris par la Prusse et la Russie, Napoléon doit abdiquer le 6 avril 1814 et s’exiler sur l’île d’Elbe. Il revient à Paris le 1er mars 1815. Les troupes chargées d’empêcher son retour l’acclament comme un chef. A peine quelques mois plus tard, le 18 juin 1815, Napoléon est définitivement vaincu à Waterloo en Belgique.

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1815-1821 :La fin de la Légende

Napoléon abdique pour la seconde fois et est condamné au bannissement, cette fois-ci dans l’île de Sainte-Hélène. Jusqu’au 5 mai 1821, date de sa mort, il dictera ses mémoires à ses derniers fidèles. En 1840, ses cendres seront rapatriées en France. Conformément aux volontés de Napoléon, son tombeau se trouve « sur les berges de la Seine », sous le dôme des Invalides. Image

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Dinosaures nommés oiseaux

Voici un article écrit par HANS passionné de sciences naturelles exposant un brillant commentaire sur les relations entre oiseaux et dinosaures.

http://du-cote-de-chez-elysia-chlorotica.blogspot.com/

(Cliquez sur l’image pour visiter le Blog de HANS)

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D’OU VIENNENT LES OISEAUX ?

Voilà une question intéressante, Mais pour y répondre faut-il encore savoir ce que sont les oiseaux. Depuis longtemps déjà les scientifiques soupçonnaient que l’origine des oiseaux était à rechercher chez certains dinosaures. Et ces soupçons se sont amplement confirmés, puisqu’aujourd’hui il est avéré que les oiseaux sont des dinosaures. Cette dernière affirmation peut sembler surprenante et cela en raison même de l’image souvent fausse que nous nous faisons des dinosaures que l’on a donc du mal à associer aux oiseaux. Pourtant une fois ces erreurs corrigées nous comprenons mieux en quoi les oiseaux forment en fait une lignée de dinosaure parmi d’autres. Et donc l’origine de nos amis à plumes semble soudain plus limpide et aussi incroyablement fascinante.

Lorsque les gens pensent aux dinosaures, ils s’imaginent habituellement de gigantesques reptiles à la peau écailleuse et pour les plus redoutables d’entre eux, aux dents tranchantes et aux griffes acérées. En général on pense au fameux Tyrannosaurus rex. Mais depuis peu on pense également à des dinosaures de moindre envergure tel le fameux Vélociraptor. Nous pouvons remercier Monsieur Steven Spielberg pour avoir popularisé ce dinosaure, certes lui aussi redoutable, mais néanmoins de moindre taille. Le Vélociraptor nous rappelant en effet que les dinosaures n’étaient de loin pas tous aussi gigantesques que les gens se l’imaginent encore trop souvent. Cependant cette révolution dans la perception des dinosaures ne s’arrête pas simplement à la taille de ces derniers. En effet même si Steven Spielberg a fait un travail remarquable avec ses Vélociraptors, il les avait néanmoins représentés avec une peau écailleuse d’un vert caca d’oie. Or aujourd’hui nous savons que les Vélociraptors à l’instar de nombreux autres dinosaures, étaient en fait recouverts de plumes. Eh oui, non seulement les dinosaures n’étaient de loin pas tous gigantesques mais en plus beaucoup arboraient des plumes, et parfois même de magnifiques plumes. Notons également que ces dinosaures à plumes étaient très probablement à sang chaud tout comme les oiseaux modernes.

Généralement lorsque les gens pensent aux dinosaures, ils s’imaginent quelque chose comme ça:

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Alors qu’en fait bon nombre de dinosaures ressemblaient également à cela:

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DES PREDATEURS EMPLUMES

Certes les dinosaures n’avaient probablement pas tous des plumes, mais ces dernières étaient néanmoins présentent au sein d’un très important sous-ordre de dinosaures nommé Théropodes. Les théropodes sont facilement identifiables et représentent notamment mais pas seulement, l’ensemble des dinosaures bipèdes carnivores, parmi lesquels le célèbre Tyrannosaurus rex, le Vélociraptor, le Compsognathus et bien d’autres encore. Les dinosaures théropodes se divisent eux-mêmes en plusieurs familles dont l’une se nomme Maniraptora, aussi appelée les maniraptoriens.

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Le vélociraptor un dinosaure théropode maniraptorien typique. A savoir notamment, recouvert de plumes

Les maniraptoriens sont des dinosaures très particuliers. Tout d’abord ils sont souvent de petite taille (souvent pas plus grand qu’une poule) de plus ils sont tous recouverts de plumes. Ainsi comme vous l’avez peut être déjà deviné, le Vélociraptor est lui-même un maniraptorien. Mais il y en a plein d’autres. Il y a par exemple le dinosaure à plumes nommé Anchiornis huxleyi, pas plus gros qu’une poule et dont de récentes analyses détaillées du fossile ont même permis de reconstituer la probable couleur du plumage de ce dinosaure. Le plus surprenant est que ce dinosaure possédait des régimes de plumes semblables à ceux des oiseaux non seulement sur ses membres antérieurs mais également sur ses pattes. Si bien que ce dinosaure semblait pouvoir reconvertir ses quatre membres en ailes afin de planer et il n’était pas le seul dans ce cas là. Notons cependant que malgré leurs plumes ces dinosaures avaient des dents, de longues queues osseuses, pas de bec et plein d’autres caractéristiques totalement absentes chez les oiseaux modernes.

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Anchiornis huxleyi un petit dinosaure à plumes représenté ici selon les couleurs qui devaient probablement le caractériser. Les scientifiques ont en effet pu observer et analyser les pigments encore présents dans ses plumes fossilisées.

L’ EVOLUTION DES PLUMES

Ainsi donc les plumes ont précédé les oiseaux. Mieux encore elles ont selon toute vraisemblance précédé le vol. Des études portant sur le développement des plumes nous apprennent que celles-ci ont évolué à partir des écailles similaires à celles des reptiles actuels. Les premières plumes ressemblaient a de simple filaments qui devait servir avant tout à la thermorégulation.

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Les premières plumes n’étaient probablement que de simples filaments servant à la thermorégulation tout comme les poils des mammifères actuels. Ici la reconstitution d’un Beipiaosaurus.

Par la suite ces proto-plumes ont continué d’évoluer et auraient de toute évidence également servi de motifs décoratifs dans le cadre, notamment, des parades sexuelles.

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Reconstitution d’Epidexipteryx un petit dinosaure pourvue de très longues plumes en forme de ruban au niveau de la queue. Ces plumes ne pouvaient, de toute évidence, ne servir qu’à des fins décoratives. Ce qui constitue un indice en faveur des mœurs sexuels similaire à ceux de certains oiseaux modernes comme les paons.

Ce n’est qu’ensuite que les plumes auraient été reconverties pour le vol chez certains dinosaures. Notons bien que cette évolution vers le vol, ne s’est donc produite que chez certains dinosaures à plumes. Beaucoup de ces derniers ont conservé un mode de vie parfaitement terrestre. Notons aussi que certains dinosaures à plumes ont apparemment adopté un mode de vie arboricole.

DES MOEURS ARBORICOLES

Le cas d’Anchiornis huxleyi nous indique que certains maniraptoriens avaient selon toute vraisemblance des mœurs arboricoles. Ainsi un autre dinosaure maniraptorien nommé Microraptor se caractérise lui aussi par des régimes de plumes sur ces quatre membres. De plus ses membres antérieurs sont remarquablement développés si bien qu’il devait être capable de s’en servir pour se mouvoir dans les arbres. Ainsi l’on comprend alors mieux à quoi pouvaient servir ces régimes de plumes. En effet ces dinosaures pouvaient se servir de leurs quatre membres emplumés comme des ailes leur permettant de planer d’arbre en arbre à la manière des écureuils volants actuels.

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Deux reconstitutions de Microraptor. La première nous le montrant en train de ce mouvoir dans les arbres, la seconde en train de planer d’arbre en arbre.

LES OISEAUX , DES DINOSAURES PARMI LES AUTRES

Des dinosaures de petite taille, recouverts de plumes volant d’arbre en arbre voilà qui nous rappelle furieusement nos amis à plumes actuels. Et quoi de plus normal puisque nos amis à plumes sont d’authentiques dinosaures. En effet les oiseaux forment une lignée de dinosaures parmi d’autres. En fait les oiseaux sont des dinosaures qui se sont initialement spécialisés pour le vol. Cette spécialisation s’étant notamment manifestée à terme par la perte des dents et de la queue, la fusion des doigts des membres antérieurs (donc des ailes) et une anatomie générale plus «rigide». Autant de caractéristiques favorisant un vol efficace.

III

Ce cladogramme illustre les liens de parenté de quelques dinosaures théropodes. L’embranchement des oiseaux est nommé ici «avialae». Il ressort que les oiseaux ne forment donc qu’un embranchement de dinosaures à plumes parmi d’autres.

Mais donc les oiseaux sont des dinosaures à plumes parmi d’autres et cela même si ce sont les seuls dinosaures à avoir survécu jusqu’à aujourd’hui. Alors que la plupart des dinosaures à plumes continuèrent leur évolution au sol ou alors comme simples planeurs dans les arbres, les dinosaures nommés oiseaux, eux, se spécialisèrent dans le vol. Mais la manière exacte dont le vol des oiseaux est apparu fait encore l’objet de quelques menus débats.

L’ORIGINE DU VOL DES OISEAUX

Les dinosaures à plumes tel que Microraptor ou Anchiornis huxleyi nous permettent de mieux comprendre comment les oiseaux ont évolué. Les dinosaures à plumes comme Anchiornis huxleyi, n’étaient de loin pas des as du vol et ne pouvaient selon toute vraisemblance que planer d’arbre en arbre.

Ainsi certains scientifiques soutiennent que certains dinosaures planeurs de ce genre auraient pu peu à peu se spécialiser encore d’avantage dans ce mode de déplacement. Au final ces dinosaures ont continué d’évoluer avec à la clef les modifications morphologiques nécessaires pour devenir à terme de véritables oiseaux volants.

D’autres pensent que le vol des oiseaux est plutôt à rechercher chez des dinosaures à plumes vivant à même le sol. Certains dinosaures à plumes, comme le Vélociraptor, étaient en effet également d’excellents coureurs. Le vol serait apparu par une mobilisation des plumes pendant la course afin de planer entre certaines enjambés.

Mais aujourd’hui certains pensent à une origine mixte. A savoir de petits dinosaures bipèdes mobilisant aussi bien leurs plumes au sol que pour planer d’arbre en arbre. Peu à peu le vol a pu émerger par simple spécialisation de ces modes particuliers de locomotion.

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ll y a eux hypothèses pour l’origine du vol des oiseaux. À savoir l’idée que le vol a commencé à partir de dinosaures arboricoles et celle voulant que celui-ci à commencer à partir de dinosaures coureurs. Aujourd’hui certains pensent à une origine mixte, un peu comme l’illustre le schéma ci-dessus

DES DINOSAURES TOUJOURS PRESENTS

Le plus vieil oiseaux connu nommé Archaeoptéryx date de la fin de la période jurassique, plus exactement d’il y a environ 150 millions d’années.

Mais une toute récente découverte de fossile vient de remettre en cause son statut d’ancêtre des oiseaux

Rappelons-nous que la catastrophe qui a anéanti la majorité des dinosaures n’a eu lieu qu’il y a 65 millions d’années. Ainsi pendant au moins 85 millions d’années les oiseaux cohabitèrent avec les autres dinosaures, y compris donc avec d’autres dinosaures à plumes tel que Caudipteryx ou encore Vélociraptor. Mais lorsque le cataclysme que l’on connaît se produisit il y a 65 millions d’années seuls quelques dinosaures à plumes survécurent, et ces survivants sont toujours parmi nous aujourd’hui, ce sont les oiseaux.

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Fossile d’Archaeoptéryx

Pourquoi les oiseaux furent-ils les seuls dinosaures à survivre? Certains pensent que cela est du à leur aptitude à voler, mais en vérité on n’est sûr de rien, peut être est-ce également en grande partie une affaire de chance. Toujours est-il que la conséquence de cette extinction de masse est là. Les oiseaux sont les seuls dinosaures qui peuplent aujourd’hui la terre. Pourtant souvent nous oublions, voir même ignorons que ce sont des dinosaures. Et cet oubli nous amène parfois à une vision fausse de l’histoire de la vie. Car souvent on dit que la disparition des dinosaures a marqué l’avènement de «L’ère des mammifères». Mais cela est faux! Car aujourd’hui il y environ deux fois plus d’espèces d’oiseaux que de mammifères. Et donc aujourd’hui encore, au travers même de ce rameau survivant que sont les oiseaux, les dinosaures dominent toujours en nombre les mammifères! Pigeons, moineaux, corneilles, canards, mésanges et j’en passe, autant de dinosaures que nous côtoyons au quotidien souvent sans même nous en rendre compte. Alors toujours à penser qu’il faille visionner Jurassic Park pour voir des dinosaures?

oiseau

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Hugues Capet roi des Francs

CAPET

Le 1er juillet 987, à Noyon, exaspérés par la faiblesse des derniers héritiers de Charlemagne, les principaux seigneurs offrent la couronne royale au meilleur d’entre eux, le comte de Paris Hugues Capet. Celui-ci devient roi des Francs sous le nom de Hugues 1er. Il est sacré deux jours plus tard dans la cathédrale de Reims par l’évêque de Reims, Adalbéron, selon un rituel germanique inauguré par Pépin le Bref en 751. Le sacre apporte la caution divine à l’élection, laquelle signifie au sens propre, le choix du plus digne.

UNE FAMILLE ENTRE DANS L’HISTOIRE

CARTE

Hugues Capet ou à la Chape devrait son surnom, soit au mot latin Capito signifiant grosse tête, soit à l’espèce de chaperon que ce prince porta le premier. L’origine de sa famille se perd dans la nuit des temps D’anciens historiens le font descendre de saint Arnoul, et même d’une fille de Clotaire Ier, fils de Clovis le Grand ; d’autres le font arrière-petit-fils du Saxon Witikind ou encore le font descendre des rois de Lombardie.

Au cours des décennies antérieures, deux aïeux de Hugues Capet – son grand-oncle Eudes et son grand-père Robert 1er – ont déjà été élus roi de Francie occidentale mais n’ont pas conservé la couronne dans leur famille. Son père Hugues le Grand s’est gardé de revendiquer la couronne, préférant oeuvrer dans l’ombre des piètres héritiers de Charlemagne. Comme lui, Hugues Capet a longtemps tenu sous sa coupe le roi carolingien Lothaire. Mais Lothaire étant mort en 986, son fils Louis V lui a succédé et est mort presque aussitôt, à 20 ans, au cours d’une chasse, le 21 mai 987. Hugues Capet s’est alors décidé à franchir l’ultime pas qui le séparait de la couronne.

SACRE

Chef de la troisième dynastie qui a donné trente-deux rois à la France, Hugues Capet était le plus puissant seigneur du royaume lorsque, la couronne lui ayant été déférée dans une assemblée tenue à Noyon, il fut sacré par Adalberon, archevêque de Reims, le 3 juillet 987.

Au moment de son élection, c’est déjà homme mûr de 47 ans, un seigneur puissant et respecté. Il possède en propre de vastes domaines, autour de Paris et Orléans, qui font de lui l’un des principaux seigneurs de Francie occidentale. Il s’agit de seigneuries laïques et d’abbayes.

Hugues 1er fixe sa résidence à Paris qui devient la capitale définitive du royaume. Marié à une princesse carolingienne, Adélaïde de Poitou, il se présente en continuateur de la dynastie précédente mais pour assurer la survie de la sienne propre, il associe au trône son fils Robert (15 ans) et le fait sacrer dès le 25 décembre 987 à Orléans.

La couronne, qui avait été élective sous la seconde dynastie, parce qu’elle s’était unie, dans la personne de Pépin, la mairie du palais, qui ne s’obtenait que par le suffrage des grands, redevint héréditaire sous la troisième dynastie, parce qu’elle se confondit dans la personne de Hugues Capet avec les grands fiefs qu’il possédait.

UN REGNE CONTESTE

ROI

Malgré le sacre de Reims, Hugues doit défendre sa légitimité les armes à la main. Le chroniqueur Adhémar de Chabannes nous rapporte que l’un des vassaux du roi, Adalbert de Périgord, refusait de lever le siège de Tours. Hugues lui demande alors : – Qui t’a fait comte ? Et l’autre de répliquer : – Qui t’a fait roi ?

Jusqu’en 991, Hugues doit aussi combattre le parti carolingien qui garde de solides partisans, dont Charles de Lorraine. Le fidèle Adalbéron étant mort en janvier 989, Hugues Capet tente de se concilier Charles de Lorraine en nommant son neveu Arnoul à la tête de l’archevêché de Reims. Mais Arnoul trahit son bienfaiteur et fait entrer à Reims les troupes carolingiennes.

Avec le concours du savant Gerbert, écolâtre de Reims, Hugues réunit un concile près de Reims. Il obtient la déposition de l’archevêque Arnoul et fait nommer Gerbert à sa place. Le pape tente de réagir en convoquant un concile général à Aix-la-Chapelle mais les évêques francs dédaignent de s’y rendre C’est le premier conflit entre le Saint-Siège et la dynastie capétienne ; il y en aura bien d’autres !

CAP

Quant au roi, il arrive enfin à capturer Charles de Lorraine à Laon à la faveur d’une trahison. Il se retourne ensuite contre le comte de Blois Eudes 1er avec le concours de son voisin, le comte d’Anjou Foulques Nerra. Eudes meurt en assiégeant le château de Foulques à Langeais

Il laisse une veuve, Berthe de Bourgogne, qui imagine d’épouser le fils et héritier du roi, Robert.

Hugues Capet refuse cette union qui apporterait la Bourgogne à son fils, car Berthe de Bourgogne est sa cousine au troisième degré, et le mariage serait consanguin.

Durant l’été 996, déjà malade, Hugues se serait rendu avec son fidèle Bouchard au monastère de Souvigny Le roi est peut-être atteint de la variole, Richer témoigne : « Hugues, qui avait le corps tout couvert de pustules, s’éteignit dans son château nommé Judéis » Il a environ 55 ans quand il s’éteint le 24 Octobre de l’an 996. Il disparaît discrètement après avoir surmonté les difficultés que lui créèrent ses ennemis. Le roi défunt est sitôt transporté à l’abbaye de Saint-Denis où il est inhumé devant l’autel de la Sainte-Trinité aux côtés d’Eudes son ancêtre.

STATUE

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Marc Aurèle : le sage au bord du précipice

Marc Auréle

Marc Aurèle (40 ans) et Lucius Verus (31 ans) succèdent à Antonin le Pieux à la tête de Rome le 7 mars 161. L’un et l’autre ont été adoptés 23 ans plus tôt par l’empereur défunt en vue de lui succéder, sur l’injonction de son prédécesseur, l’empereur Hadrien C’est la première fois que l’empire romain est confié à un tandem. La collaboration entre Marc Aurèle, épris de philosophie stoïcienne, et Lucius Verus, séducteur et jouisseur, se passe curieusement bien. Après la mort par apoplexie de Lucius Verus, en 169, Marc Aurèle reste seul empereur. Ses qualités humaines et intellectuelles lui ont valu d’être appelé par les historiens postérieurs le «sage au bord du précipice».

I – LA JEUNESSE DE MARCUS ANNIUS CATILIUS SEVERUS

auréle

Marc Aurèle naquit à Rome, sous le nom de Marcus Annius Catilius Severus, en l’an 121 de notre ère. Fils de Marcus Annius Verus et de Domina Lucilla, il appartenait à une illustre famille, originaire d’Espagne. Son père et son grand-père avaient rempli de hautes charges publiques ; dans la péninsule ibérique, ses ancêtres avaient acquis une renommée de loyauté qui leur avait valu le surnom de Verus (sincère).

1 – Une riche éducation

Marc Aurèle perdit son père quelques mois après sa naissance et fut emmené dans la maison de son grand-père, alors consul. Celui-ci lui fit donner une éducation très soignée. Voyant que l’enfant était intelligent, il le confia à de nombreux et excellents précepteurs : l’on en comptait au moins dix-sept, dont quatre grammairiens, quatre rhéteurs, deux juristes, six philosophes, un mathématicien ! L’art même ne lui resta pas étranger.

Il faut croire que Marc Aurèle aimait beaucoup l’étude pour avoir pu assimiler l’enseignement de tous ces hommes éminents. Il est vrai que dès son jeune âge il appliqua l’une des maximes qui figurent dans ses Méditations : « Ce que tu as entrepris, il faut le faire avec force, assurance, comme il convient à un Romain et à un homme, en y mettant sérieux, diligence, amour et justice, chassant de ton esprit toute autre pensée ; tu dois accomplir chacun de tes actes comme s’il était le dernier de ta vie… »

2 – Il prend le nom de Marcus Aurelius Antoninus

Marc Aurèle était aimé de tous ceux qui l’entouraient. L’empereur Hadrien, qui était souvent reçu dans la maison de son grand-père, avait pour lui beaucoup d’estime ; il l’appelait Annius Verissimus et lui destinait pour épouse la fille de Lucius Commodus, qui devait lui succéder. Mais bientôt ce dernier mourut ; Hadrien adopta donc Titus Aurelius Antonin (Antonin le Pieux) et le choisit comme héritier, à la condition expresse qu’il adopte à son tour le jeune Marc Aurèle en même temps que Lucius Verus, fils de Commodus. Lorsque l’empereur Antonin monta sur le trône, il accomplit les volontés d’Hadrien. Dès lors, son fils adoptif Marc Aurèle prit le nom de Marcus Aurelius Antoninus.

3 – Un long apprentissage

Pendant vingt-trois années, Marc Aurèle fit son apprentissage du pouvoir en vivant au palais. Sa patience contraste de façon frappante avec l’avidité dont firent preuve nombre d empereurs pour accéder au trône, certains n’hésitant pas à faire supprimer purement et simplement leur prédécesseur. Marc Aurèle continua de vivre simplement, faisant alterner ses études avec ses fonctions publiques. Il suivit l’exemple de son père adoptif, homme modeste qui mérita bien son surnom d’ « Antonin le Pieux ». Ce dernier mourut en 161, après avoir désigné Marc Aurèle comme son successeur.

II – UN REGNE DE 19 ANS

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1 – Le partage du pouvoir avec Lucius Verus

Marc Aurèle a tout juste quarante ans lorsqu’il accède au pouvoir en 161 . Il se signale dès son avènement par un acte significatif. Voulant répondre au désir exprimé de longues années auparavant par son grand protecteur Hadrien, il offre au fils de Commodus, Lucius Verus, de régner avec lui sur un pied complet d’égalité, et il lui donne en mariage sa fille Annia Lucilla. Marc Aurèle ne s’illusionne cependant pas sur la valeur de Lucius Verus, qu’il sait débauché, joueur, prodigue et fort peu soucieux des affaires publiques. En associant un tel collègue à son pouvoir, sans doute Marc Aurèle obéit-il à une raison sentimentale, mais il y voit aussi comme un secours éventuel contre les usurpations toujours possibles et contre les dangers du dehors. Lucius Verus multipliera les incartades sans cesse arrangées par son protecteur Marc Aurèle le sauvant notamment de situations militaires périlleuses durant la future guerre contre les Parthes où il donna la direction de l’armée à deux brillants généraux. La mort de Lucius en 169 sera une bénédiction pour l’Empire se débarrassant d’un poids difficile à supporter

2 Politique intérieure sous Marc Aurèle

Marc Aurèle et son frère passèrent le plus clair de leur temps à tenter de protéger l’Empire des invasions. Il est pour cela difficile de porter un jugement objectif sur le règne de ces souverains, d’autant plus que les sources concernant cette période sont lacunaires. Marc Aurèle fonda des établissements éducatifs et alimentaires , à destination des jeunes filles pauvres. En outre, il annula les dettes envers le trésor impérial. Cependant, un des faits marquants du règne de Marc Aurèle fut la persécution contre les chrétiens (c’est sous son règne que furent martyrisés Blandine et l’évêque Pothin.). En effet, l’Empereur n’acceptait pas l’attachement que les chrétiens avaient pour le Christ, considérant qu’ils étaient une menace pour la cohésion de l’Empire.

Respectueux à l’égard du sénat, les Romains eurent néanmoins du mal à cerner Marc Aurèle, Empereur philosophe. En effet, lors des jeux du cirque, ce dernier lisait ou donnait des audiences, et n’appréciait pas de voir le sang couler (par exemple, il n’assista pas aux persécutions contre les chrétiens.). Cependant, la philosophie de Marc Aurèle lui fut d’un faible secours sur le champ de bataille.

3 – La guerre contre les Parthes (161 à 166)

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C’est à partir du règne de Marc Aurèle que l’Empire commença à être attaqué par des ennemis de plus en plus nombreux et vindicatifs.

En 161, les Parthes, envahirent la province romaine de Syrie, écrasant les troupes du légat Caius Sedatius Severianus. Lucius Verus se rendit alors dans cette province, afin d’en découdre avec les envahisseurs . Cependant, l’Empereur préférant profiter des beautés de l’Orient, fut obligé de laisser la direction des opérations à deux de ses généraux.

Les opérations furent un franc succès : en 165, alors que Statius Priscus prenait Artaxata et restaurait Sohaemus, un protégé de Rome, sur le trône d’Arménie, son confrère Avidius Cassius battait les Parthes, et s’emparait de Ctésiphon la capitale du royaume. Le roi de Parthes dut alors négocier avec les Romains en 166, leur cédant la Mésopotamie.

En 166, les deux Empereurs célébrèrent leur triomphe à Rome. Marc Aurèle prit alors le nom d’Imperator Caesar Cependant, lorsque les armées d’Orient rentrèrent en Italie, elles amenèrent avec elle la terrible peste antonine, qui frappa le pays entre 165 et 190.

4 – La guerre contre les barbares du Danube (166 à 175)

A peine la guerre contre les Parthes était elle terminée qu’une nouvelle menace apparut, cette fois ci sur la frontière du Danube. En effet, en 166, de nombreuses tribus barbares (principalement Marcomans et Quades, mais aussi Alains et Sarmates.) décidèrent de passer la frontière. Ils envahirent alors la Pannonie, puis pénétrèrent en Italie.

En 167, les deux Empereurs décidèrent alors de marcher contre les barbares. Concentrant leur attaque sur les Alpes, ils parvinrent à obtenir le retrait des Quades en 168. Les deux Empereurs passèrent alors l’hiver à Aquilée, une cité située sur la côte adriatique. C’est alors que Lucius Verus mourut en janvier 169, affaibli par sa vie de débauches et frappé par la peste. Marc Aurèle regretta peu son frère adoptif, qui menait une vie dissolue et avec lequel il devait partager le pouvoir, mais le fit néanmoins déifier par le sénat

La guerre contre les barbares était cependant loin d’être terminée. Les Marcomans n’avaient pas abandonné la lutte, et les Romains partirent se battre sur les rives du Danube. Marc Aurèle concentra dans cette zone la moitié des légions de l’Empire, en créa deux nouvelles, et recruta de nombreux soldats (gladiateurs, esclaves, etc.). Afin de mener cette guerre à bien, l’Empereur s’appuya sur deux proches, Pompeianus et Pertinax. Le premier était un chevalier originaire de Syrie et Marc Aurèle lui accorda la main de sa fille, veuve de Lucius Verus. Pertinax, quant à lui, était né à Albe, d’origine modeste , il se distingua lors de l’expédition contre les Parthes, ainsi qu’en Bretagne et sur le Danube.

Alors que Marc Aurèle combattait en Pannonie, Pertinax chassait les envahisseurs de Rhétie et de Norique avec succés. Vers 175, les Romains avaient pris l’avantage sur leurs ennemis quand éclata la révolte d’Avidius Cassius en Asie

5 – La révolte d’Avidius Cassius (175)

Le général Avidius Cassius, qui avait brillamment servi Marc Aurèle au cours de la guerre contre les Parthes, décida de profiter de la rumeur de la mort de Marc Aurèle pour se révolter . Soutenu par les légions d’Egypte et une bonne partie de l’Orient, Avidius Cassius fut néanmoins contré par Martius Verus, gouverneur de Cappadoce, qui décida de marcher contre lui. Cependant, Avidius Cassius fut rapidement assassiné, en juillet 175. Ses assassins envoyèrent alors sa tête à Marc Aurèle, qui refusa de la voir et demanda à ce qu’elle soit enterrée. Marc Aurèle décida alors de se rendre en Orient, soucieux de mettre à mal la rumeur comme quoi il était décédé. L’Empereur était alors accompagné de son fils Commode qui lui succèdera et de son épouse Faustine, qui mourut en chemin. En rentrant à Rome, en novembre 176, Marc Aurèle fit célébrer son triomphe pour sa victoire sur les tribus barbares du Danube. Cependant, cette victoire fut de courte durée, car les barbares franchirent à nouveau le Danube en 177.

6 – La fin de règne (177 à 180)

Marc Aurèle continua à lutter contre les Barbares jusqu’à sa mort, en 180. Il mourut probablement frappé par la peste, à Vindobona, en Pannonie (aujourd’hui Vienne, en Autriche.).

Marc Aurèle, contrairement à ses prédécesseurs, avait eu de nombreux enfants de son épouse Faustine, bien que ses fils moururent presque tous en bas âge. Il désigna donc comme successeur celui qui était encore vivant, Commode (qui était alors âgé d’une vingtaine d’années.).

Marc Aurèle laissa de lui un ouvrage, véritable condensé de sa philosophie stoïcienne : Pensées pour moi-même. Ces textes, que l’Empereur écrivait chaque soir lors de ses campagnes contre les barbares, nous sont parvenus en intégralité.

III – CITATIONS DE MARC AURELE

philosphe

«Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l’univers.»

«Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est le chemin tracé par la nature.»

«Accomplis chaque acte de ta vie comme s’il devait être le dernier.»

«Le propre de l’homme, est d’aimer même ceux qui l’offensent.»

«La meilleure façon de se défendre est de ne pas imiter l’offenseur.»

«Le vaniteux fait dépendre son propre bonheur de l’activité d’autrui ; le voluptueux, de ses propres sensations et l’homme intelligent, de ses propres actions.»

«Personne ne se lasse d’être aidé. L’aide est un acte conforme à la nature. Ne te lasse jamais d’en recevoir ne d’en apporter.»

«Que toutes nos pensées soient telles que si on te demandait à tout instant ce que tu penses tu puisses toujours l’avouer sans honte.»

«Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.»

«La philosophie consiste à veiller sur le dieu intérieur.»

«Entre le plus possible dans l’âme de celui qui te parle.»

«L’homme ordinaire est exigeant avec les autres. L’homme exceptionnel est exigeant avec lui-même.»

«On est souvent injuste en s’abstenant d’agir et non seulement en agissant.»

«Si Dieu existe, tout est bien ; si les choses vont au hasard, ne te laisse pas aller, toi aussi, au hasard.»

«Nous appréhendons davantage l’opinion de nos voisins sur nous-mêmes que la nôtre propre.»

«La nature n’aime rien tant que de changer ce qui est, pour le remplacer par ce qui lui ressemble.»

«Rejette l’opinion et tu seras sauvé.»

«On n’est pas moins injuste en en faisant pas ce qu’on doit faire qu’en faisant ce qu’on ne doit pas faire.»

«Sois comme un promontoire contre lequel les flots viennent sans cesse se briser.»

marc

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